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Manifestation contre la restructuration de Miko, Xavier Bertrand reçoit lundi les syndicats

SAINT-DIZIER (AFP) — Le ministre du Travail Xavier Bertrand recevra lundi les responsables syndicaux de l'usine en restructuration Cogesal-Miko (Unilever) et des élus locaux, a annoncé vendredi le député-maire UMP de Saint-Dizier, François Cornut-Gentille.

Le ministre recevra syndicalistes et élus au ministère du Travail, sans que la direction d'Unilever ne soit présente, a précisé le député-maire.

Le ministère, interrogé par l'AFP, a confirmé que Xavier Bertrand recevra les responsables syndicaux lundi à 17H00 "à la demande des parlementaires" de la région.

Chars à l'effigie de Miko, chansons satyriques ou costumes extravagants... entre 750 et 1.500 personnes ont manifesté en festoyant vendredi à Saint-Dizier contre la restructuration de l'usine Cogesal-Miko (Unilever), selon des estimations policière et syndicale.

La marche s'est déroulée dans une ambiance de carnaval, à grand renfort de pétards et autres fanfares. Son objet, le plan social frappant Miko en juillet 2008 qui aboutira à la suppression d'environ 250 emplois sur 493, ne prêtait pourtant pas à sourire.

"Mais on veut montrer que même dans le malheur, on a encore du coeur", a expliqué Christelle Remy, une ouvrière ayant passé "une nuit" à agrafer, scotcher et coller bâtonnets et couvercles de pots de crêmes glacées pour s'en confectionner un poncho.

"Miko nous a promis monts et merveilles. Du coup, on a fait des enfants, des emprunts. Et maintenant, ils nous plongent dans la panade", a estimé cette salariée embauchée depuis cinq ans après y avoir travaillé dix ans en tant que saisonnière.

D'où l'ode ironique en l'honneur de leur employeur que les ouvrières ont composée et chantée vendredi. "Je suis née à Saint-Dizier. C'est ma fierté, ma destinée. Je travaille pour Unilever. C'est mon seul malheur." D'autres salariés ont distribué des glaces aux passants.

Le défilé, parti de l'usine actuelle, s'est conclu devant le siège historique de Miko, devenu complexe cinématographique, sur lequel flottait une banderole "Saint-Dizier Miko unis forever".

"Cela montre que Miko est plus qu'une entreprise. C'est une ville, un département, un territoire", a affirmé un syndicaliste. Et la "famille Miko est aujourd'hui trahie, humiliée pour les intérêts boursiers d'Unilever", a regretté le représentant syndical CGT Hervé Mazelin.

"La plupart des salariés n'ont rien senti venir. C'est ce qui m'inquiète le plus. Toutes les usines se sentent menacées", a remarqué Bruno Dauguet, élu FO du comité d'entreprise de Lever Fabergé à Compiègne (Oise), venu à Saint-Dizier pour soutenir les Miko.

Comme lui, des représentants de tous les sites français du groupe ont défilé "par solidarité" à Saint-Dizier. Des délégations de l'usine Kléber (filiale de Michelin) de Toul (Meurthe-et-Moselle) qui fermera en 2009 avec 826 emplois supprimés, et de Mittal-Gandrange (Moselle), où 595 emplois sont menacés, participaient également au cortège.

Le député-maire (UMP) de la ville, François Cornut-Gentille a annoncé aux salariés que leurs représentants syndicaux et des élus locaux seraient reçus lundi après-midi par le ministre du Travail Xavier Bertrand.

Un rapport d'expert a déterminé en janvier que Cogesal-Miko avait engrangé 22 millions de bénéfices en 2006 et 11,5 en 2007. En grève depuis un mois contre la restructuration, les ouvriers de production sont suspendus de salaire depuis mardi.