PARIS (AFP) — La saison des prix littéraires 2007, qui s'est achevée mardi avec l'attribution de l'Interallié, a réservé quelques surprises et confirmé la puissance des éditions Gallimard, mais à l'arrivée aucune femme ne figure cette année au palmarès des principales récompenses.
Surprise! Elle est venue de Daniel Pennac, Prix Renaudot pour "Chagrin d'école" (Gallimard), au 10è tour de scrutin, alors qu'il ne figurait sur aucune liste. Chez les Goncourt, il a fallu 14 tours pour couronner "Alabama song" (Mercure de France) de Gilles Leroy. Dans les deux cas, les soupçons d'entente préalable entre jurés et éditeurs ont attisé les tensions.
Premiers prix, première polémique : battu pour le Renaudot, l'écrivain Christophe Donner a accusé Franz-Olivier Giesbert d'avoir "manipulé" les délibérations. "Il n'a pas eu le prix Renaudot, il cherche un bouc émissaire", a répondu ce dernier.
Lundi, les jurys Femina et Médicis ont joué l'efficacité. Tout était bouclé en un seul tour : le Femina à Eric Fottorino, directeur de la rédaction du Monde, pour "Baisers de cinéma" (Gallimard), le Médicis à Jean Hatzfeld, ancien grand reporter à Libération, pour "La stratégie des antilopes" (Le Seuil), troisième volet de sa saga sur le génocide au Rwanda.
Deux journalistes primés, l'un pour un roman, l'autre pour un récit. Et l'Interallié, qui échoit traditionnellement à un journaliste, a forcément confirmé la tendance. Christophe Ono-dit-Biot, journaliste au Point, a été récompensé pour "Birmane" (Plon), un roman, a-t-il dit, "rattrapé par l'actualité".
Avec trois des principaux prix - Renaudot, Femina et Goncourt pour sa filiale Mercure de France - Gallimard, qui remporte également le prix Décembre avec "Cercle" de Yannick Haenel, sort vainqueur des prix de l'automne, qui restent un enjeu majeur pour les éditeurs.
Même élargi aux dix prix les plus médiatisés, le palmarès 2007 ne fait en revanche aucune place aux femmes, contrairement à 2006 où Nancy Huston avait notamment obtenu le Femina pour "Lignes de faille" (Actes Sud).
Ni Marie Darrieussecq, ni Clara Dupont-Monod, ni même Amélie Nothomb avec son "Ni d'Eve ni d'Adam" (Albin Michel), n'ont résisté au marathon de l'automne. Michèle Lesbre, avec "Le canapé rouge" (Sabine Wespieser) et Clara Dupont-Monod, "La passion selon Juette" (Grasset), ont bien figuré dans la dernière sélection du Goncourt, mais sans être en mesure de l'emporter.
"Il est rare que l'on couronne des femmes. C'est dommage. En 24 ans, le Goncourt a couronné huit femmes", regrettait Françoise Chandernagor après le vote des Goncourt : "La misogynie est peut-être dans les prix littéraires, elle est aussi beaucoup dans les médias en dépit des apparence".
Venue perturber l'annonce du Femina avec son amie Régine Deforges, Madeleine Chapsal, exclue du jury l'an dernier pour indiscipline, a en revanche plaidé pour "la parité" au jury Femina, composé uniquement de femmes.
Amélie Nothomb, écartée de la dernière sélection du Goncourt, a dû se consoler avec le Prix de Flore, plus confidentiel, alors qu'elle ne figurait pas non plus dans le dernière sélection. Avec ou sans prix littéraire, son roman a en revanche été le grand succès de l'automne, avec selon son éditeur plus de 320.000 exemplaires vendus.
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