Avec "Héloïse", Patrice Leconte mène le bal au Théâtre de l'Atelier

PARIS (AFP) — Patrice Leconte met en scène "Héloïse", la première pièce du romancier Patrick Cauvin, au Théâtre de l'Atelier à Paris, transformé en cours de danse où les comédiens glissent et chaloupent, mais tournent aussi en rond.

Entre deux gros succès au cinéma, le réalisateur aime se ressourcer au théâtre, avec des pièces intimistes, comme "Confidences trop intimes", présentée la saison dernière au même endroit.

Amoureux des cours de danse de salon (mambo, paso-doble et cha-cha-cha), rétros, vieillots, comme hors du temps, il en a parlé à Patrick Cauvin, avec qui il a cosigné le scénario du "Mari de la coiffeuse" (1990): la pièce a été bouclée en quelques mois. S'il n'en est pas l'auteur, Leconte est donc le principal artisan de cette "Héloïse", à l'affiche à l'Atelier.

L'argument tient en quelques mots: M. Roméo (Rufus) s'occupe seul d'un cours de danse, à l'enseigne d'"Héloïse et Roméo". Il soigne sa solitude et ses problèmes de trésorerie au whisky, jusqu'au jour au Mona, jeune fille timide et solitaire, se décide à pousser la porte du cours avant liquidation.

D'Héloïse on ne sait rien ou presque, tant le vieux danseur et ses rares clients s'ingénient à brouiller les pistes. De Roméo, on n'apprendra guère plus, sinon qu'il n'a pas d'enfant, et donc personne pour reprendre la boutique.

Sur cette mince trame, les personnages restent flous. Mona, retoucheuse dans un atelier de couture, n'a pas connu son père (chic! le vieux Roméo a l'âge du géniteur absentéiste). Et les deux derniers couples d'habitués évoluent à côté du monde, entre gloire éphémère dans les compétitions locales et mythomanie assumée pour dissimuler leur vie étriquée, que la danse leur permet d'oublier quelques instants.

Patrice Leconte mène le bal, mais ne le mène pas très loin. Mélanie Bernier donne à Mona la fougue et l'abattage de la jeunesse et Rufus (qui fut le papa d'"Amélie Poulain" au cinéma) assure, en vieux prof de danse bienveillant. Les scènes se succèdent pourtant sans surprise, au rythme d'un montage de cinéma. Jusqu'aux rappels des comédiens, sur un vieil air latino.

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