PARIS (AFP) — La directrice de cabinet du président Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, a démenti mercredi les propos qui lui sont attribués dans l'hebdomadaire VSD, selon lesquels elle estime que les sectes sont "un non-problème" en France.
"Je n'ai jamais tenu les propos qui me sont prêtés par l'hebdomadaire VSD, selon lesquels +les sectes seraient un non-problème en France+", a déclaré Mme Mignon dans un communiqué rendu public par l'Elysée.
Contacté par l'AFP, le magazine, qui a publié ces propos sous forme de trois questions avec réponses, n'a pas réagi dans l'immédiat à ce démenti.
"Interrogée de manière informelle sur les positions du président de la République dans ce domaine, j'ai rappelé la position constante de Nicolas Sarkozy sur ce sujet", ajoute Mme Mignon.
"Soit ces mouvements et ces groupes troublent l'ordre public et abusent de la faiblesse psychologique des personnes, et dans ce cas ils doivent être poursuivis et sanctionnés; les moyens de rendre plus efficaces ces poursuites sont d'ailleurs à l'étude", poursuit Emmanuelle Mignon.
"Soit ils ne troublent pas l'ordre public et respectent les personnes, et ils doivent alors pouvoir exister normalement conformément au principe de la liberté de conscience", conclut-elle dans ce communiqué.
Dans les propos qui lui sont attribués mercredi par VSD, Emmanuelle Mignon déclare que "la lutte contre les sectes a longtemps permis de dissimuler les vrais sujets. Mais, en France, les sectes sont un non-problème".
"La liste établie en 1995 est scandaleuse", y ajoute-t-elle en évoquant la liste des "mouvements sectaires" de la Commission parlementaire d'enquête sur les sectes. "Quant à la Scientologie", qui figurait dans cette liste, "je ne les connais pas, mais on peut s'interroger", estime-t-elle.
Dans cet entretien, Mme Mignon indique aussi que le gouvernement veut "transformer" la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), instituée auprès du Premier ministre, "en quelque chose de plus efficace et en finir avec le bla-bla".
"A part publier des rapports annuels, la Miviludes ne fait rien", accuse-t-elle.
Selon la directrice de cabinet du président, "l'idée serait de rattacher ce nouvel organisme au ministère de l'Intérieur, afin de collaborer plus étroitement avec les services de police. Le reste doit relever de la justice".
Dans son communiqué de démenti, Mme Mignon n'évoque pas nommément l'Eglise de Scientologie et ne revient pas sur les déclarations qui lui sont prêtées concernant la Miviludes.
Le député PS de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, s'est déclaré "profondément choqué" par les propos attribués à Mme Mignon.
"Les déclarations d'Emmanuelle Mignon sont un vrai problème (...) Elle prend une position sans précédent en faveur des mouvements sectaires et notamment de l'Eglise de Scientologie", indique-t-il dans un communiqué.
Ces déclarations de la directrice de cabinet du président "s'ajoutent aux ambiguïtés du chef de l'Etat sur le sujet qui, dans son livre +La République et les religions+ dénonçait les +amalgames+ entre les sectes et les +nouveaux mouvements spirituels+", ajoute M. Cambadélis.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
