PARIS (AFP) — "China Gold", dont le titre est un clin d'oeil à la fois aux jeux Olympiques et à la recherche de la richesse qui transforme le pays, présente 35 artistes et leurs tableaux, photographies, sculptures ou vidéos représentant un échantillon significatif de ce qu'est l'art d'aujourd'hui en Chine.
Marqués dans leur création par le monde en mouvement, certains artistes chinois conviés à la manifestation ont d'ailleurs été rattrapés par l'actualité. Choqués par la polémique autour du passage de la flamme olympique à Paris, certains ont refusé d'y participer.
"Le but de l'exposition est de donner aux Occidentaux une idée, par le biais de l'art, de l'extraordinaire bouleversement que vit la Chine", dit Alona Kagan, commissaire de l'exposition qui se tient du 18 juin au 13 octobre au musée Maillol à Paris.
Images de villes détruites ou en construction, critiques de la société de consommation, références aux événements de Tiananmen en 1989 ou aux jeux Olympiques à venir, les 35 artistes proposent un large éventail de leur perception de l'histoire chinoise.
Un astronaute doré grandeur nature, à qui manque le petit doigt, ouvre l'exposition. L'oeuvre est signée Sheng Qi qui s'est lui-même coupé un doigt pour protester contre Tiananmen, l'enterrant dans un pot de fleurs avant de quitter le pays. L'artiste n'est revenu en Chine qu'à la fin des années 1990.
Comme lui, de nombreux artistes ont fui leur pays et certains n'ont montré leurs oeuvres qu'en dehors de la Chine. "Beaucoup sont partagés entre rester et souffrir, entre la Chine ancienne et moderne", dit Mme Kagan.
Feng Zhengjie, chantre de l'école dite du "Gaudy Art", une peinture très kitsch aux couleurs tapageuses, a réalisé le portrait de femme utilisé pour l'affiche de l'exposition.
Sui Jianguo, connu pour ses sculptures de vestes Mao vides, expose un simple bras de bronze, main levée vers le ciel, où l'on reconnaît le geste emblématique du dirigeant chinois.
Mais quatre des plus célèbres artistes, heurtés par l'accueil réservé à Paris à la flamme olympique, ont exprimé leur mécontentement, disent les organisateurs.
Yue Minjun, figure de proue de la scène chinoise dont une oeuvre a atteint l'an dernier aux enchères les 5,9 millions de dollars (3,8 millions d'euros), a refusé de figurer dans l'exposition, de même que Lu Hao.
Les organisateurs ont du emprunter à des collectionneurs des oeuvres de Zhang Xiaogang, star à Pékin qui, en 2007, a vendu une oeuvre trois millions de dollars, ainsi que des oeuvres de Wang Guangyi, qui fait du Pop Art politique. Wang a été l'un des premiers artistes à détourner l'image de Mao après sa mort, le peignant en 1988 derrière une grille.
Wang Keping - le seul artiste exposé vivant à l'étranger - a eu des soucis avec les autorités en 1979 après avoir donné à un Bouddha les traits de Mao.
L'art contemporain chinois atteint depuis quelques temps des sommets aux enchères, reflétant le boom économique en Chine et l'interêt des Chinois pour leur propre production.
Ainsi, Zeng Fanzhi, 44 ans, a vendu en mai dernier à Hong-Kong 9,7 millions de dollars une peinture détournant l'image de la Révolution culturelle, établissant un nouveau record pour l'art contemporain chinois.
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