L'UEFA sanctionne lourdement l'Atletico Madrid et des dérapages "inacceptables"

PARIS (AFP) — Suspension de terrain pour l'Atletico, suspension de banc pour son entraîneur, grosse amende: l'UEFA a frappé fort face à des actes "inacceptables", entre violences policières, insultes et racisme, lors du match de Ligue des champions contre Marseille, satisfait de ces sanctions.

Le 1er octobre, des incidents avaient émaillé, avant et après, le match Atletico Madrid-Marseille (2-1).

Des supporters marseillais avaient été chargés par la police espagnole de façon disproportionnée et Mathieu Valbuena avait été insulté pendant la rencontre par Javier Aguirre, entraîneur de l'Atletico. Des supporters de l'Atletico s'en étaient pris au défenseur nigérian de l'OM Taye Taiwo, imitant des cris de singe. Le slogan hitlérien "Sieg Heil!" avait aussi fusé des tribunes, avait constaté l'AFP.

Le club madrilène écope de deux matches de suspension de terrain ferme et un avec sursis (avec une période probatoire de cinq ans) en coupes européennes, une amende de 150.000 euros, tandis qu'Aguirre est suspendu de banc pour deux matches.

Le président de l'Atletico Madrid, Enrique Cerezo, a affirmé mardi soir qu'il allait faire appel des sanctions infligées par l'UEFA à son club en estimant les sanctions "complètement injustes et disproportionnées".

"Nous ferons appel, j'ai confiance dans la bonne foi de l'UEFA. Le match Atletico-Liverpool se jouera au Calderon", a-t-il dit dans des déclarations diffusées par le site internet du quotidien sportif Marca.

"Il n'y a eu, à aucun moment, d'insultes racistes ou xénophobes envers les joueurs de l'Olympique de Marseille comme le montrent la vidéo du match et le rapport du délégué de l'UEFA lui-même", a ajouté l'Atlético.

Quant aux cris de singes incriminés par l'UEFA, il s'agit, selon l'Atletico, des encouragement à l'adresse des joueur et de Kun Aguero en particulier par les supporteurs qui "répétaient encore et encore +Kun, Kun, Kun+".

L'instance dirigeante du football européen ne partage pas du tout ce point de vue: "L'attitude de la police espagnole a été jugée inacceptable, tout comme les insultes d'Aguirre en direction de Valbuena, de même que les cris de singes", a expliqué à l'AFP William Gaillard, directeur de la communication de l'UEFA et conseiller du président Michel Platini.

"Il y avait un manque d'organisation -nous à l'UEFA nous sommes pour la formation des stadiers et non le recours aux policiers- une approche légère du match, a poursuivi M. Gaillard. Des faits similaires s'étaient produits avec l'Atletico, et à Séville dans le passé aussi, il était important de réagir. C'est ça la tolérance zéro."

Le ministre de l'Intérieur a lui pris la défense de la police espagnole et de l'Atletico Madrid.

"Je vais défendre l'attitude de la police espagnole et mettre tout ce que nous avons (notamment des bandes vidéo) à disposition de l'Atletico pour qu'il puisse faire recours contre cette décision insolite", a déclaré Alfredo Perez Rubalcaba lors d'un entretien à la radio Onda Cero.

Le président de l'OM Pape Diouf a salué de son côté, sur le site internet du club, "une décision qui soulage et qui atteste que ce qui s'est passé au stade Vicente-Calderon est inadmissible". M. Diouf a dû apprécier la rapidité et la lourdeur de la sanction, alors que dans le cas d'insultes racistes similaires contre des joueurs marseillais, le Zenit Saint-Pétersbourg n'avait écopé que de 36.880 euros d'amende, quatre mois après des faits en Coupe de l'UEFA.

"C'est une nouvelle fantastique, il est dommage qu'on doive donner des sanctions aussi sévères, mais le racisme n'a rien à faire dans un stade de foot", s'est félicité pour sa part l'entraîneur de l'OM, Eric Gerets.

"C'est lourd, mais ça veut dire surtout que nos supporters n'ont rien à se reprocher, a-t-il ajouté. Cela met du baume au coeur. J'espère qu'ils vont comprendre (la justice espagnole) qu'il faut relâcher très vite quelqu'un qui est très probablement innocent" (le supporter marseillais actuellement emprisonné).

Liverpool, qui est concerné par un des deux matches de suspension, le 22 octobre, que l'Atletico doit jouer à 300 km au moins de la capitale espagnole, regrette cette décision qui oblige les supporters des Reds à revoir le voyage qu'ils avaient planifié.