PARIS (AFP) — Un deuxième postier a été placé en garde à vue dans l'enquête sur le front anti-radars routiers, qui a rebondi après qu'un homme a été grièvement blessé, mercredi à Clichy-La-Garenne (Hauts-de-Seine), en manipulant un engin explosif, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.
Ce postier a été interpellé mercredi soir à Amiens et placé en garde à vue à Levallois-Perret au siège de la SDAT (sous-direction antiterroriste). Sa garde à vue a été prolongée jeudi.
Toujours à la SDAT, un autre postier avait été placé en garde à vue mercredi matin.
Celui-ci est un collègue de Frédéric R., qui était toujours jeudi dans un "état critique" après s'être grièvement blessé à son domicile en manipulant un engin explosif. Le second postier est un ancien collègue du blessé.
Les domiciles des deux postiers placés en garde à vue ont été perquisitionnés mais sans résultat, selon la source proche du dossier.
Les deux hommes ne sont pas considérés a priori comme des complices, selon la source.
Il ressort de leurs déclarations que le blessé, présenté comme un personnage "introverti", ne se confiait à personne. Ses deux collègues s'étaient étonnés il y a quelques mois de lui voir des marques de brûlures au visage, se doutant qu'il se livrait à des expérimentations, mais sans soupçonner la nature de celles-ci.
Frédéric R., 29 ans, agent de nuit dans un centre de tri de La Poste à Nanterre, s'est réclamé de la Fraction nationaliste armée révolutionnaire (FNAR) qui a revendiqué une dizaine d'attentats contre des radars routiers en région parisienne.
"Nous avons des raisons suffisantes de penser que nous détenons au moins un des membres de ce FNAR", avait déclaré à la presse mercredi le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, ajoutant: "peut-être même d'ailleurs Frédéric R. est-il l'unique membre de ce front nationaliste antiradar", en évoquant "un garçon solitaire".
Un collègue de Frédéric R., interrogé par l'AFP mais qui a souhaité conserver l'anonymat, a également décrit un personnage "taciturne, un peu en marge, qui ne parle pas beaucoup".
Alors que la FNAR avait placé parmi ses revendications "l'expulsion de tous les clandestins", il affirme que Frédéric R. n'avait "jamais eu de comportement raciste" à son travail, "pas la moindre réflexion de ce genre".
Il avait, au contraire, participé à un débrayage "dénonçant des comportements racistes" attribués à la hiérarchie, ajoute-t-il.
Ce collègue a également confirmé des témoignages parus dans la presse, selon lesquels Frédéric R. s'était rendu plusieurs fois à son travail en portant "un tee-shirt avec le logo de la RAF" (Fraction armée rouge, groupe terroriste allemand d'extrême gauche), c'est-à-dire un pistolet-mitrailleur sur une étoile rouge.
Le logo de la FNAR tel qu'il était parvenu en mars 2008 dans une lettre de revendication à Paris Match représente un pistolet-mitrailleur de type différent sur une étoile blanche, à l'intérieur d'un cercle rouge.
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