Côte d'Ivoire: Bédié veut un "traitement de choc" pour le retour de la paix

DABOU (AFP) — L'ex-chef d'Etat ivoirien, l'opposant Henri Konan Bédié a préconisé samedi à Dabou (sud) un "traitement de choc" à la Côte d'Ivoire pour un retour "à la normalité" après cinq ans de crise militaro-politique.

"C'est un véritable traitement de choc qu'il faudra appliquer à notre pays pour son retour à l'Etat de droit, à la démocratie, à la normalité", a déclaré M. Bédié, président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ancien parti unique) devant près de 12.000 personnes lors d'un grand rassemblement dans la ville coloniale de Dabou.

"Un traitement de choc ça veut dire qu'il faut pratiquement tout revoir", a expliqué, M. Bédié candidat déclaré à la prochaine élection prédentielle en Côte d'Ivoire.

"Les pratiques, notamment la corruption instaurées" par le régime du président ivoirien Laurent Gbagbo "seront bannies si nous revenons aux affaires", a poursuivi l'ancien président, dans un entretien à l'AFP.

Successeur du premier président ivoirien Félix Houphouët-Boigny après son décès en 1993, le président du PDCI a été chassé du pouvoir par une junte militaire dirigée par l'ex-général Robert Guéi en décembre 1999.

Il compte sur son "expérience" pour recueillir les suffrages des Ivoiriens lors des prochaines élections et espère un retour aux affaires afin d'"assurer le développement, le progrès et le bonheur" qu'il leur avait promis.

"Mais en attendant, la sanction que nous préconisons, c'est d'appliquer des votes sanctions contre les candidats du Front populaire ivoirien (FPI, parti du président Laurent Gbagbo) aux élections à venir", a-t-il indiqué à ses sympathisants.

Ces élections, initialement prévues en octobre 2005, au terme du premier mandat du président Gbagbo élu en 2000, n'ont pu se tenir en raison des blocages entraînés par la partition du pays à la suite de la tentative de coup d'Etat de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui s'est emparée du nord.