Retraites: la CGT, la FSU et Solidaires appellent à manifester samedi

PARIS (AFP) — La CGT, la FSU et Solidaires appellent à manifester samedi dans toute la France pour peser sur la concertation engagée sur les retraites, sans attendre les premières propositions du gouvernement prévues pour la mi-avril.

Des manifestations "locales, départementales ou régionales sont prévues", la principale devant avoir lieu à Paris à partir de 14h30, de la Place de la Nation à Bastille.

Les autres syndicats, qui ont pourtant fait front jeudi contre un allongement de 40 à 41 ans de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, que le gouvernement considère comme acquise, ne se sont pas joints à cet appel, jugeant le moment mal choisi.

"Nous regrettons de ne pas pouvoir être plus nombreux à manifester samedi, mais nous espérons convaincre les autres syndicats qu'il faut faire intervenir les salariés", a expliqué vendredi sur BFM Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire national de la CGT.

Après les manifestations unitaires de retraités le 6 mars, la CGT veut donner de la "visibilité" au débat sur les retraites, pour que les salariés s'en saisissent sans attendre, alors que le ministre du Travail Xavier Bertrand a annoncé qu'il ferait des premières propositions à la mi-avril et qu'il envisageait un projet de loi pour l'été.

"On ne peut pas laisser passer en catimini cette troisième vague (de la réforme des retraites, ndlr) parce qu'elle engage des choix de société pour les 30 ans qui viennent", estime M. Le Duigou, qui aurait souhaité une "vraie négociation" au lieu des simples discussions engagées avec le gouvernement.

Pour la CFDT, qui a soutenu la réforme de 2003 mais refuse le passage à 41 ans, ces manifestations de samedi n'ont pas encore lieu d'être. "On ne va pas manifester alors qu'on ne connaît pas les propositions du gouvernement", fait valoir son secrétaire général, François Chérèque.

FO, qui se dit pourtant "dans un processus de mobilisation", n'a pas souhaité non plus manifester samedi, indiquant ne pas vouloir nuire à la manifestation organisée le même jour à l'appel du collectif "Ni pauvre, ni soumis" qui réclame un revenu d'existence "décent" pour les personnes handicapées.

"Les associations n'ont pas souhaité qu'il y ait un mélange entre leurs revendications et les nôtres", a expliqué jeudi son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, qui souhaite que les confédérations parviennent à définir une "plateforme commune" de revendications.

Une réunion intersyndicale est prévue lundi, a indiqué la CFTC lors de la journée de concertation "non-stop" organisée jeudi au ministère du Travail, lors de laquelle les partenaires sociaux ont soumis à tour de rôle leurs propositions au gouvernement.

Les syndicats ont montré qu'ils avaient de nombreuses revendications en commun: refus des 41 ans, mesures nécessaires sur l'emploi des seniors, recherche de nouveaux financements en élargissant l'assiette des cotisations vieillesse ou encore garanties pour stopper l'érosion des pensions.

Mais il ont aussi des désaccords, la CGT voulant par exemple une remise en cause de la loi Fillon de 2003, que la CFDT "assume".

Le "rendez-vous 2008 des retraites" était inscrit dans la loi Fillon, qui avait notamment aligné la durée de cotisation à 40 ans dans le public et le privé, et qui renvoyait à des rendez-vous tous les quatre ans pour prendre d'éventuelles nouvelles mesures afin de garantir l'équilibre financier de l'assurance vieillesse.