Zimbabwe: 200 proches d'opposants rassemblés devant l'ambassade US à Harare

HARARE (AFP) — Quelque 200 sympathisants de l'opposition zimbabwéenne étaient rassemblés jeudi devant l'ambassade des Etats-Unis à Harare après avoir été chassés du siège du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a constaté un journaliste de l'AFP.

Le groupe s'est assis devant le bâtiment et a demandé à parler à un responsable de l'ambassade.

"D'après ce que nous avons compris, 200 hommes, femmes et enfants ont été chassés du siège du MDC. Je n'ai pas de détail sur qui a fait ça", a de son côté déclaré à Washington le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack au cours d'un point de presse.

"Nous sommes en train de voir ce que nous pouvons faire pour ces personnes", a ajouté M. McCormack précisant que les opposants étaient arrivés vers 13H00 GMT devant l'ambassade américaine, mais qu'ils n'avaient pas tenté d'y pénétrer.

"Nous sommes en train de contacter des ONG et d'autres tierces parties pour voir comment on peut les aider", a-t-il ajouté.

Certaines de ces personnes ont expliqué à l'AFP vouloir l'asile politique tandis que d'autres souhaitent simplement une aide alimentaire.

"J'ai besoin de sortir du pays, je ne me sens pas en sécurité", a expliqué sous couvert de l'anonymat un jeune homme de 25 ans. Il a assuré avoir été pris pour cible parce qu'il était membre du MDC.

"Il y a environ un mois, des gens sont venus chez moi et ont accusé ma famille d'être membre du MDC: ils ont brûlé la maison", a dit une femme, également sous couvert de l'anonymat.

"J'ai besoin de nourriture et d'un abri (...) Je suis venue ici avec d'autres victimes hébergées au siège du MDC et nous espérons que l'ambassade nous apporte de l'aide", a-t-elle poursuivi.

Depuis fin mars, la police a mené deux opérations contre le siège du MDC à Harare où des dizaines de personnes s'étaient réfugiées fuyant les violences contre les opposants ou supposés tels, notamment dans les zones rurales.

Le chef du MDC, Morgan Tsvangirai, a remporté le premier tour de la présidentielle le 29 mars, mais s'est retiré de la course à la présidence en raison du déferlement de violences contre ses partisans.

Le président Robert Mugabe, 84 ans, a maintenu le second tour qu'il a logiquement remporté étant seul en lice. Il a été investi dimanche pour un sixième mandat à la tête du Zimbabwe ignorant les condamnations de la communauté internationale.

Les Etats-Unis ont été particulièrement virulents envers le président Mugabe, qualifiant sa réélection de "farce" et proposant des sanctions de l'ONU contre le chef de l'Etat et quelques proches.

L'ambassadeur des Etats-Unis à Harare, James McGee, avait fait état la semaine dernière d'un incident similaire.

Chassés par la police zimbabwéenne du siège du MDC, des vieillards, des femmes et des enfants étaient venus réclamer l'aide des Etats-Unis. Ces personnes avaient regagné le siège du MDC quelques heures plus tard.