Les bagarres entre bandes rivales en plein Paris inquiètent la police
PARIS (AFP) — Des bagarres entre deux bandes rivales - qui n'ont pas fait de blessé - ont eu lieu près de la gare du Nord à Paris dimanche après-midi, pour la troisième fois en une semaine, un "phénomène nouveau" qui inquiète la police.
Quinze personnes ont été placées en garde à vue, selon la Préfecture de police (PP).
Lundi matin le ministre François Fillon s'est rendu à la gare du Nord et a promis plus de moyens et de sévérité pour faire face à la multiplication des violences entre jeunes dans cette gare parisienne.
"On va être extrêmement sévères" et "mettre des moyens supplémentaires", a-t-il déclaré lors d'une brève visite.
La capitale était jusque là relativement épargnée par le phénomène qui touche sa banlieue. Le phénomène de bandes s'affrontant en plein Paris "est inquiétant" et "assez nouveau", selon des sources policières.
La gare du Nord est, selon ces sources, un "point de fixation" de ces bandes qui viennent notamment du Val d'Oise ou de la Seine-Saint-Denis et y transitent.
La "sécurisation des lieux s'avère difficile" tant en raison "de la configuration des lieux" que du passage quotidien de quelque 600.000 voyageurs.
En fin d'après-midi dimanche, les affrontements ont débuté dans une boîte, la "Casa 128", rue Lafayette (Xe), fréquentée notamment par des jeunes des banlieues nord de Paris.
Selon une source policière, la bagarre a commencé à l'intérieur de l'établissement et s'est poursuivie dans la rue.
Une première intervention des forces de l'ordre a permis la dispersion des bandes et une première vague d'arrestations, a-t-on précisé de même source.
Certains jeunes se sont alors repliés gare du Nord où les affrontements ont, selon la police, repris dans et aux abords de la gare, la police y mettant un terme, selon la PP. Il n'y a eu ni blessé ni dégradations. La SNCF a démenti auprès de l'AFP qu'il y ait eu des affrontements à l'intérieur de la gare.
C'est la troisième fois en une semaine que des bandes de jeunes s'affrontent en pleine rue dans le centre-nord de Paris.
Mercredi, trois jeunes gens ont été mis en examen et écroués pour "tentatives d'assassinat" notamment dans le cadre de l'enquête sur une bagarre entre deux groupes de jeunes, à la gare du Nord, survenue le dimanche 26 août au soir.
Le lendemain dans la nuit du 27 au 28 août, des jeunes venus de banlieue parisienne se sont violemment affrontés dans le quartier de Pigalle, la police établissant un "lien" avec l'affaire du 26 août. Il y a eu des blessés.
Selon elle, ces deux mêmes bandes rivales, principalement venues de banlieue, ont "réglé leurs comptes pour un différend assez confus, peut-être une histoire de drogue ou de fille", certains étant armés de "machettes et de hachoirs".
Dans l'affaire de Pigalle, douze suspects ont été mis en examen et cinq écroués jeudi soir.
Interrogés lundi par l'AFP, les syndicats de police ont fait part des "inquiétudes policières" face à ce "nouveau phénomène de bandes venant s'amuser à Paris et y régler leurs comptes", selon Mohamed Douan de Synergie-Officiers.
Il demande que le phénomène soit traité "au niveau régional" par la police, sous l'autorité de la PP.
Frédéric Lagache d'Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) a dénoncé la semaine dernière le "manque d'anticipation" policière dans ce domaine et plaidé lundi dans ce même sens

