PARIS (AFP) — Les syndicats sont plutôt restés sur leur faim mercredi soir face aux contre-propositions patronales sur l'allongement de la période d'essai mais espèrent de nouvelles avancées jeudi, dernier jour prévu des négociations sur la modernisation du marché du travail.
La CFDT et la CFE-CGC ont certes mis en exergue des points positifs, tout en soulignant qu'il restait "beaucoup de travail à faire". La CFTC, FO et la CGT ont davantage souligné l'insuffisance des "avancées".
Après une longue suspension de séance, le patronat a proposé de maintenir l'extension de la période d'essai du CDI à 3 mois pour les non cadres et à 6 mois pour les cadres mais a accepté que le renouvellement soit soumis à un accord de branche ou d'entreprise.
Il a également supprimé le "préavis réciproque" et l'indemnité de rupture" si l'employeur se sépare du salarié pendant le renouvellement. Deux dispositions qui faisaient craindre aux syndicats la réapparition d'un contrat type CNE (contrat nouvelles embauches).
Tous les syndicats ont critiqué la longueur de la période d'essai. Ils redoutent que des accords d'entreprise permettent de l'allonger encore plus, alors que c'est "au moment de l'embauche que le salarié est le plus fragile", a souligné Maryse Dumas (CGT).
Marcel Grignard (CFDT) a estimé que "sur le point dur de la période d'essai, ça a bougé dans le bon sens, sur la durée de cette période, on espère que ça bougera" jeudi, où "il restera quatre à cinq points durs à régler".
La majorité des syndicats réclament ainsi une homologation de la rupture négociée du contrat de travail auprès du bureau de conciliation prud'hommale et considère que le CDI de mission ne convient pas en l'état.
Mercredi soir, Alain Lecanu (CFE-CGC), a salué "des réponses favorables à des propositions syndicales, mais noté encore "deux difficultés" sur la période d'essai, sa longueur et la possibilité de son renouvellement par des accords d'entreprise." Mais il reste "optimiste", pensant que le patronat s'est "gardé sous le coude des possibilités d'évolution".
La CGT reste "insatisfaite" car "les périodes d'essai peuvent toujours être à rallonge" et, pour FO, "la copie est à revoir" car la période d'essai fixée au niveau de l'entreprise pourrait augmenter les inégalités entre salariés d'un même secteur. Stéphane Lardy (FO) s'est aussi dit "un peu inquiet" que le "patronat joue la montre", faisant allusion "aux trois heures" passées sur "un seul point dur".
Gabrielle Simon (CFTC), "un peu déçue" du résultat de la journée, a noté "des éléments intéressants mais pas essentiels". Elle craint que des accords d'entreprise rendent possible un voire deux renouvellements de la période d'essai: on se rapproche beaucoup du CNE qui fait fantasmer" le patronat.
Face aux demandes du Medef, de la CGPME et de l'UPA, les syndicats jugent globalement trop faibles les contreparties en matière de "sécurisation des parcours professionnels".
Pour qu'un accord soit valide, il doit être signé par au moins trois des cinq confédérations de salariés. Marcel Grignard (CFDT) a jugé que "cinq (syndicats signataires) c'est mieux; quatre, pas mal; moins que quatre, c'est moins bien; tout seul, on serait très mal et ce n'est pas envisageable."
Même en cas d'accord, "ne rêvons pas, nous n'allons pas révolutionner en quatre mois le marché du travail", a estimé Stéphane Lardy (FO).
En cas d'échec des négociations, le gouvernement, qui a prévu une réunion avec les partenaires sociaux "autour du 15 janvier", a prévenu qu'il reprendrait l'initiative avec une loi qui pourrait être présentée début février.
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