Réforme portuaire: activité perturbée au Havre et à Marseille
MARSEILLE (AFP) — L'activité des ports du Havre et de Marseille était perturbée mercredi par une grève nationale à l'appel de la CGT qui conteste le transfert au privé du personnel et de l'outillage publics envisagé dans le projet de réforme des ports.
Au Havre, la grève de de 24H00, appelée par la Fédération nationale des ports et docks (FNPD-CGT), a entraîné l'arrêt de la manutention sur tous les terminaux à conteneurs qui constituent l'activité principale du port. En revanche, le car-ferry qui assure des liaisons avec la Grande-Bretagne et les terminaux pétroliers fonctionnaient normalement.
A Marseille, les agents portuaires de la manutention (grutiers et portiqueurs) ainsi que les dockers ont installé mercredi des barrages filtrants à l'entrée des terminaux à conteneurs du port.
Dans les bassins ouest à Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône), quelque 400 personnes, selon la CGT, filtrent les accès au terminal à conteneurs de Fos-Graveleau. Les camions peuvent entrer sur le site, mais les grévistes en interdisent la sortie.
Dans les bassins est, à Marseille intra muros, une cinquantaine d'agents et dockers mènent une action similaire à proximité du terminal de Mourepiane.
Les agents du port, grutiers et portiqueurs s'opposent à un transfert au privé des activités de manutention dans le cadre de la réforme portuaire. Ils ont reçu le soutien des dockers, dont l'activité a été privatisée en juin 1992 et qui dépendent maintenant des entreprises de manutention.
Les syndicats veulent ainsi peser dans les négociations avec le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau avant le dépôt du projet de loi dans les prochaines semaines. "Au départ il s'agissait de transférer les conducteurs de portiques au privé mais aujourd'hui on demande aux entreprises d'intégrer aussi des personnels, administratifs notamment, qui n'ont rien à voir avec la manutention", a affirmé Michel Catelain, secrétaire général adjoint du syndicat des dockers du Havre.
Le plan de relance des ports français annoncé début janvier prévoit une reprise des investissements de l'Etat, un recentrage des ports autonomes sur leurs missions régaliennes, un élargissement de la place des collectivités locales dans les conseils d'administration et surtout la poursuite du transfert vers le privé des terminaux et de leurs personnels.
"C'est une première étape, a déclaré Serge Coutouris, secrétaire général adjoint CGT des dockers de Fos. Depuis des mois, on a démontré qu'on avait un esprit d'ouverture, notamment en renonçant à des mouvements de grève, mais si la négociation prévue cet après-midi à Paris, avec le médiateur Yves Cousquer, se passe mal, nous élargirons notre action" a-t-il prévenu.

