Chat enragé en Vendée: le virus de la chauve-souris en cause

LA ROCHE-SUR-YON (AFP) — Le virus de la chauve-souris, le moins pathogène des virus de la rage, est à l'origine du décès du chat le 10 novembre en Vendée, selon les résultats d'analyses complémentaires transmis lundi par la préfecture.

"On est sur un cas de rage de la chauve-souris. C'est la plus favorable des hypothèses envisagées", a indiqué le chef de bureau du cabinet du préfet de Vendée, Cyrille Gardan, à l'AFP. Les analyses ont été effectuées par l'Institut Pasteur.

Sur le plan humain, "il n'y a pas de craintes de cas de rage humaine", a rappelé le sous-préfet de Fontenay-le-Comte Francis Cloris, à l'AFP.

La mort du chat Mitsie originaire de Fontenay-le-Comte (Vendée) avait été annoncée samedi. Il s'agit du premier cas de rage animal en France depuis 2004, où le virus de la rage du chien était en cause via un chiot importé illégalement du Maroc.

Dans le cas du chat vendéen, les services vétérinaires privilégiaient l'hypothèse d'un cas de "rage dite de la chauve-souris", moins pathogène que celle du chien ou du renard, car ce chat d'appartement sortait peu et fréquentait surtout le grenier et le toit de ses propriétaires.

La transmission du virus de la rage de la chauve souris à une autre espèce est "très très rare", selon Didier Boisseleau, directeur départemental des services vétérinaires de Vendée. "A un chat, c'est une première en Europe", a-t-il assuré.

Les autorités ont mis en place un dispositif de surveillance sans commune mesure avec celui, très important, de 2004 à Bordeaux, le cas étant nettement moins préoccupant selon elles.

"Bien que le risque d'apparition d'un autre cas soit faible, nous serons très vigilants", a indiqué M. Boisseleau. Un recensement et une surveillance régulière des animaux du quartier fréquenté par le chat mort ont été organisés.

L'Agence française de sécurité sanitaire doit se prononcer dans les prochains jours sur ce dispositif, selon la préfecture. Il n'est pas exclu qu'elle prône d'autres mesures.

Sur le plan humain, "il n'y a pas de craintes de cas de rage humaine", a rappelé le sous-préfet de Fontenay-le-Comte Francis Cloris, à l'AFP. Les 14 personnes qui ont été en contact avec le chat sont sous surveillance médicale.

Trois ou quatre d'entre elles, griffées ou mordues, ont été vaccinées par précaution, a précisé M. Cloris.

"Il est simplement rappelé que d'une façon générale, il est recommandé de ne pas manipuler les chauve-souris, vivantes ou mortes", a ajouté le sous-préfet. "Il ne s'agit pas d'éliminer les chauve-souris qui sont une espèce protégée", a ajouté M. Boisseleau.

"La mesure de base reste en cas de morsure ou de griffure, la mise sous surveillance vétérinaire de l'animal mordeur et la consultation médicale de la personne mordue, en tout temps et en tout lieu", ajoute la préfecture dans son communiqué.

Selon M. Boisseleau, la France reste indemne de rage dite terrestre aux yeux des organisations internationales. Elle l'est officiellement depuis 2001.

Le dernier cas de rage du renard en France date de 1998 et la rage du chien a disparu depuis au moins plusieurs dizaines d'années, selon M. Boisseleau. Mais "on a relevé une vingtaine de chauve-souris atteintes de la rage durant la décennie 2000 en France", a-t-il ajouté.

Un scientifique, qui tentait de soigner une chauve-souris atteinte de la rage, avait été contaminé en 2004, dans la région de Bourges. Il avait été vacciné à temps.