La Bourse de Paris en baisse (-0,27%), affectée par le pétrole et l'euro fort

PARIS (AFP) — La Bourse de Paris était dans le rouge jeudi en fin de matinée, le CAC 40 perdant 0,27%, dans un marché affecté par le secteur des transports automobile et aérien, un euro toujours plus fort et un baril qui s'envole.

A 11H55 (9H55 GMT), l'indice parisien cédait 13,51 points, se stabilisant autour de la barre symbolique des 5.000 points, à 5014,04 points, dans un volume d'échanges faible de 1,7 milliard d'euros.

Londres gagnait 0,23%, tandis que Francfort perdait 0,45% et l'Eurostoxx 50 0,63%.

"Le marché résiste globalement mais reste impacté par le prix du baril inquiétant car il touche des records alors que nous ne sommes pas encore en été où la demande aux Etats-Unis est beaucoup plus forte à cause de l'utilisation des climatisations et des départs en vacances", a commenté Frédéric Rozier, stratégiste chez Meeschaert Asset Mamagement, interrogé par l'AFP.

Le baril de Brent a atteint jeudi matin 135,09 dollars à Londres, un nouveau record absolu, dopé par les craintes à court et moyen terme sur l'offre, la passivité de l'Opep, une fonte surprise des stocks américains et une vague d'achats spéculatifs.

"L'euro qui est reparti hier (mercredi) à la hausse face au dollar, et les déclarations très pessimistes de la Réserve fédérale américaine impactent aussi le marché parisien", a ajouté M. Rozier, soulignant que "cette tendance baissière devrait se poursuivre sur les prochaines séances".

La Réserve fédérale américaine a abaissé drastiquement mardi ses prévisions de croissance pour 2008, estimant désormais que face à une inflation accrue, à la chute de l'immobilier et à la restriction du crédit, le produit intérieur brut (PIB) devrait progresser entre 0,3% et 1,2% cette année, au lieu d'une fourchette entre 1,3% à 2% prévue précédemment.

Dans ce contexte, le marché va écouter avec attention le discours du gouverneur de la Fed Randall Kroszner sur "les perspectives de redressement des marchés hypothécaires" attendu à 13H00 GMT.

EDF (+3,32% à 71,67 euros) enregistre la plus forte hausse du CAC 40, "dopé par le pétrole et la récente confirmation de ses ambitions de croissance externe", selon un vendeur d'actions, interrogé par l'AFP.

CREDIT AGRICOLE (+2,28% à 18,84 euros) et SOCIETE GENERALE (+2,08% à 67,63 euros) retrouvent des couleurs et effacent les pertes de la veille.

AIR FRANCE-KLM (-9,01% à 16,97 euros) tire le marché vers le bas après la publication de perspectives décevantes et l'annonce d'une charge exceptionnelle de 530 millions d'euros, qui ont éclipsé des résultats annuels jugés corrects par les analystes dans le contexte actuel.

PPR (-0,96% à 84,69 euros) est pénalisé par une note de la banque suisse UBS, qui a abaissé sa recommandation sur le titre de "achat" à "neutre", craignant que les ventes du groupe soient atteintes par une consommation plus faible.

PERNOD-RICARD (+1,82% à 72,90 euros) profite du fait que la banque britannique HSBC a relevé sa recommandation sur le titre de "surpondérer" contre "neutre" auparavant, anticipant un bon quatrième trimestre 2007-2008 (avril-juin) pour le groupe.

MICHELIN (-0,08% à 59,25 euros), RENAULT (-0,51% à 64,40 euros) et PEUGEOT (-0,31% à 41,66 euros) n'arrivent pas à combler totalement leurs pertes de la veille, toujours plombés par les cours du baril.

FRANCE TELECOM (+0,50% à 20,05 euros) profite de la signature d'un partenariat stratégique international pour le lancement d'une série de services mobiles entre sa filiale Orange et le numéro un mondial des téléphones portables Nokia.

PUBLICIS (-1,10% à 25,29 euros) est en baisse malgré l'annonce du rachat de l'agence chinoise EmporioAsia, présentée comme "une des plus grandes agences numériques de Chine".

FAURECIA (-5,10% à 31,65 euros) est pénalisé par "des craintes que la hausse des matières premières se répercutent sur les résultats de la société", a expliqué un vendeur d'actions, interrogé par l'AFP.