Delanoë se revendique bien libéral, mais sans oublier "la justice sociale"

STRASBOURG (AFP) — Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë s'est à nouveau réclamé mercredi à Strasbourg du libéralisme politique, tout en estimant qu'il fallait aussi, en matière économique, "créer un rapport de force en faveur de la justice sociale".

"Dans l'économie de marché, nous devons créer un rapport de force en faveur de la justice sociale", a souligné le maire de Paris, lors d'une rencontre organisée par le Club de la presse de Strasbourg à l'occasion de la présentation de son dernier livre, "De l'audace".

"Ce qui me frappe dans les réactions de mes amis socialistes, c'est qu'ils me disent tous: +tu as raison sur le fond, mais il ne faut pas employer le mot+", a précisé M. Delanoë.

Rappelant que c'étaient les socialistes qui avaient aboli la peine de mort, créé les radios libres, instauré le Pacs ou la parité, M. Delanoë a enfoncé le clou: "il faut que j'expie une faute: j'ai employé le mot. Pourquoi seraient libéraux ceux qui récusent la liberté et non ceux qui l'étendent?".

Appelant les socialistes à avoir "le courage d'être honnêtes", M. Delanoë a émis l'espoir que le congrès de novembre à Reims "ne soit pas le bal des hypocrites".

Commentant le rassemblement autour de Martine Aubry de "reconstructeurs" du PS, M. Delanoë a souligné qu'elle lui avait assuré partager "sur le fond" les idées exprimées dans son livre. "Et moi aussi je suis d'accord avec les idées de Martine", a-t-il précisé.

M. Delanoë était accompagné lors de son déplacement strasbourgeois du socialiste Roland Ries, qui a repris à la droite la mairie de Strasbourg aux dernières municipales.

Auparavant, Bertrand Delanoë, interrogé sur France Inter sur son éventuelle candidature à la succession de François Hollande, avait estimé avoir "lancé une dynamique" au sein du Parti socialiste, tout en se refusant une nouvelle fois à dire s'il en briguait la direction.

"Je suis candidat à apporter des convictions, de l'énergie", a-t-il déclaré. "J'y apporterai ce que je dois y apporter, y compris si je dois y prendre des responsabilités", a-t-il ajouté.

"J'ai lancé une dynamique qui est en train vraiment de toucher le parti profond, c'est-à-dire les militants, les secrétaires de sections, les élus de petites villes (...) laissons ce mouvement se développer", a dit M. Delanoë.

"Bien entendu, si dans ce mouvement-là je dois apporter quelque chose aussi dans l'animation, à une fonction ou à une autre, je le ferai. Mais j'ai quand même démontré que j'aimais le travail d'équipe, l'action collective et donc ça ne peut pas être pour moi une décision personnelle, narcissique ou égotiste", a-t-il conclu.

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