NANTERRE (AFP) — Le tribunal de Nanterre a examiné mardi une affaire dans laquelle l'ex-entraîneur de Laure Manaudou, Philippe Lucas, était accusé d'"injure" à l'égard de L'Equipe, après un entretien accordé en décembre dernier au magazine FHM, également poursuivi.
Philippe Lucas n'est pas apparu à l'audience. Une absence regrettée par le président de la 14e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre, qui souhaitait demander à l'entraîneur s'il avait réellement tenu les propos incriminés.
Dans une interview publiée en décembre 2007, Philippe Lucas était notamment interrogé sur ses relations avec les médias: "vous qui avez sorti la natation de son anonymat, vous vous dites maltraité par la presse?", lui demandait-on.
Philippe Lucas répondait ainsi: "Je dis pas ça pour les Guignols (de l'Info). Ni pour la presse généraliste. Mais L'Equipe, comme ils ne veulent pas se fâcher avec leur source d'infos, c'est la voix de la fédé (Fédération française de natation, ndr)".
L'avocat de L'Equipe, Me Basile Ader, a estimé que "la critique de M. Lucas (était) parfaitement licite", car "il peut tout à fait penser et exprimer que L'Equipe, c'est la voix de la Fédération". En revanche, il a jugé insultantes les attaques à connotation sexuelle contre des journalistes du quotidien sportif formulées par l'entraîneur.
Les avocats de FHM et de Philippe Lucas ont de leur côté trouvé paradoxal que le quotidien poursuive une phrase pour son caractère grossier, mais qu'il ne s'émeuve pas d'être mis en accusation sur son indépendance.
"M. Lucas dit que L'Equipe est un peu à la botte. Pourquoi n'attaquent-ils pas en diffamation? Pourquoi les premiers propos relèveraient de la libre critique et les seconds d'une atteinte à la dignité" alors "qu'ils veulent dire exactement la même chose", a demandé Me Benoît Goulesque-Monaux, qui défendait FHM.
L'Equipe a réclamé 1 euro de dommages et intérêts et une publication judiciaire dans le magazine.
Le jugement a été mis en délibéré au 24 juin.
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