Kouchner: "Je ne suis pas un va-t-en guerre, je suis un va-t-en paix"

PARIS (AFP) — Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner s'est redit mercredi partisan de "négocier, négocier, négocier" sur le dossier du nucléaire iranien, se décrivant comme un "va-t-en paix, pas un va-t-en guerre".

"Ce que j'ai dit très clairement c'est qu'il faut éviter la guerre. Le pire, c'est la guerre. Donc, il faut l'éviter, et pour l'éviter, il faut négocier, négocier, négocier. C'est ce que nous faisons", a déclaré M. Kouchner à des journalistes à la sortie du conseil des ministres.

"Il faut aussi probablement, si c'est nécessaire, que des sanctions soient proposées, pour non seulement montrer notre sérieux, mais peser. Et je demeure sur cette position, le président de la République aussi, le Premier ministre aussi et tout le gouvernement", a-t-il ajouté.

"Je ne suis pas un va-t-en guerre, je suis un va-t-en paix", a déclaré le ministre, qui a déclenché la polémique en affirmant dimanche que le monde devait se "préparer au pire", à savoir "une guerre" avec l'Iran.

"Je ne regrette pas qu'on ait enfin l'occasion de discuter du réel de la situation. On peut se dissimuler derrière les mots, ne pas les employer, faire semblant. Ce n'est pas le genre de notre diplomatie", a indiqué mercredi M. Kouchner, interrogé sur les réactions causées par ses déclarations.

"Nous sommes les seuls à parler de la réalité tout en tentant, de façon obstinée, des négociations que nous menons nous-mêmes et que (le diplomate en chef de l'UE) Javier Solana et l'Europe mènent depuis longtemps. C'est l'Europe qui a proposé tout ça, ce n'est pas une inféodation" aux Etats-Unis, a-t-il assuré.

"Evidemment, si on isole un mot de son contexte, et si on dit +guerre+, alors le monde est effrayé. Pourtant, qu'est-ce qui se passe en ce moment, dans les quatre pays où j'ai passé la semaine, en Irak, au Liban, en Palestine, en Israël, etc ?", a-t-il conclu.