Israël annonce avoir déjoué un attentat palestinien contre Olmert

JERUSALEM (AFP) — Israël a annoncé dimanche avoir déjoué en août un attentat en Cisjordanie contre le convoi du Premier ministre Ehud Olmert par des membres du Fatah, le propre parti du président palestinien Mahmoud Abbas.

M. Olmert a indiqué, au moment où il s'envolait pour une visite en France et en Grande-Bretagne, qu'il jugeait "inacceptable" la libération de trois des cinq suspects arrêtés par l'Autorité palestinienne dans cette affaire, mais a assuré que cela ne stopperait pas les négociations de paix.

De son côté une source proche de la sécurité palestinienne a indiqué dimanche à l'AFP que deux de ces suspects avaient été réincarcérés, un troisième étant entre les mains de la police israélienne.

Selon les services de renseignements israéliens, les suspects sont membres du Fatah et des services de sécurité palestiniens.

"Le 6 août, alors que le Premier ministre Olmert se rendait à Jéricho pour rencontrer Abou Mazen (Mahmoud Abbas), des terroristes du Fatah ont essayé d'attaquer son convoi", a affirmé le chef du Shin Beth, Youval Diskin, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.

"Le complot terroriste a été déjoué et la rencontre a eu lieu comme prévue", a-t-il poursuivi.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Avi Dichter, a précisé que ces hommes "avaient été arrêtés avant la visite" à Jéricho.

"De toutes façons le Premier ministre ne risquait rien, mais ce n'est pas le cas pour ceux qui faisaient partie du convoi" a ajouté l'ancien chef du Shin Beth, en référence au fait que M. Olmert roulait en voiture blindée protégée contre des tirs d'armes légères.

"L'important dans cette affaire c'est l'intention, d'autant que ceux qui préparaient l'attentat ne sont pas des jeunes écervelés mais des personnes disposant d'armes et sachant s'en servir", a-t-il souligné.

Une nébuleuse de groupes armés, se revendiquant des Brigades des Martyrs d'Al Aqsa, est liée au parti Fatah de M. Abbas. Certains sont opposés à la direction politique du parti et lui reprochent de négocier avec Israël.

D'après un responsable israélien de la sécurité, les cinq membres du groupes appartiennent à la Force 17 (la garde spéciale de M. Abbas), aux services de renseignements et à la sécurité préventive. Ils planifiaient de tirer sur le convoi, a-t-on précisé de même source.

MM. Olmert et Abbas s'étaient rencontrés le 6 août pour la première fois en territoire palestinien, à Jéricho, afin de préparer une réunion internationale de paix prévue avant la fin de l'année aux Etats-Unis.

Le ministère palestinien de l'Intérieur a confirmé la libération fin septembre des trois suspects mais a minimisé l'affaire.

"Tout ce qui a été démontré (au cours de l'enquête) est qu'il y a eu une discussion entre ces jeunes --mais pas dans le cadre d'un véritable plan-- pour lancer un cocktail molotov contre le convoi d'Ehud Olmert", a indiqué à l'AFP un porte-parole.

"Rien n'a eu lieu, tout ceci n'était que des paroles. C'est pour cela qu'ils ont été libérés", a-t-il insisté, estimant que les déclarations israéliennes étaient "fausses".

Cette affaire a suscité une vague de condamnations en Israël, en premier lieu de la part de M. Olmert.

"Ce qui me gêne particulièrement (...), c'est le traitement inacceptable des suspects. Il relève d'un comportement répétitif qui doit changer", a déclaré M. Olmert, en référence à la libération des suspects.

Le ministre israélien travailliste sans portefeuille, Ami Ayalon, a lui annulé une rencontre prévue avec le ministre palestinien des prisonniers, Achraf al-Ajrami, selon la radio.

Quant aux députés de l'opposition de droite, ils ont demandé à M. Olmert de ne pas se rendre à la réunion internationale sur le conflit israélo-palestinien prévue aux Etats-Unis.