BANGKOK (AFP) — Le Premier ministre thaïlandais Somchai Wongsawat a effectué un déplacement samedi à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge pour y rentre visite à des soldats blessés lors d'échanges de tirs meurtriers entre troupes des deux pays.
Le Premier ministre a rendu visite dans un hôpital militaire de la province de Ubon Ratchathani (est) à un soldat grièvement blessé lors des échanges de tirs de mercredi.
"Je suis attristé que des soldats aient été blessés, aujourd'hui j'ai donc voulu leur rendre visite", a déclaré le Premier ministre à l'issue de son déplacement.
Il s'est ensuite rendu dans la province voisine de Si Sa Ket, région du temple sacré de Preah Vihear, au coeur d'un vif contentieux entre Bangkok et Phnom Penh, a indiqué un porte-parole régional de l'armée.
Après s'être entretenu une quinzaine de minutes avec des officiers thaïlandais, M. Somchai a précisé qu'aucun calendrier n'avait encore été arrêté pour des discussions avec son homologue cambodgien Hun Sen mais qu'une solution pacifique était possible.
"La Thaïlande insiste sur le fait qu'elle doit vivre en coexistence pacifique (avec le Cambodge). Si un problème se pose, nous le résoudrons par la négociation, mais nos soldats protègeront notre souveraineté", a déclaré M. Somchai.
Un peu plus tôt, le colonel Taweesak Boonrakchart, porte-parole de l'armée, avait indiqué que l'atsmosphère le long de la frontière était calme mais que les troupes thaïlandaises demeuraient en alerte.
La Thaïlande et le Cambodge ont décidé jeudi d'effectuer des "patrouilles conjointes" au lendemain des incidents meurtriers, sans réaliser de percée significative sur leur différend.
Deux soldats cambodgiens avaient été tués mercredi dans des échanges de tirs et au moins neuf autres militaires avaient été blessés de part et d'autre.
Samedi, des officiers thaïlandais et cambodgiens ont eu des discussions informelles sur la zone du conflit. Les états majors respectifs ont convenu que des officiers de chaque armée se rencontreraient régulièrement afin d'apaiser les tensions.
Vendredi, des milliers de personnes ont défilé dans le centre de Bangkok pour dénoncer "la répression" d'une manifestation antigouvernementale le 7 octobre, mais le Premier ministre, sous la pression, a réaffirmé qu'il ne démissionnerait pas.
La veille, le chef de l'armée, le général Anupong Paojinda, avait accentué la pression sur M. Somchai, affirmant que s'il était à la place du Premier ministre, il partirait.
"Le gouvernement ne peut pas abandonner son devoir", a affirmé vendredi M. Somchai. "Que je démissionne ou que je ne démissionne pas dépendra de l'intérêt national", a-t-il dit.
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