Fac de Nanterre: intervention policière et face-à-face tendu entre étudiants

NANTERRE (AFP) — Les CRS et gendarmes mobiles sont intervenus mardi matin à l'université Paris-X de Nanterre, utilisant la force contre des étudiants qui voulaient bloquer le campus avec le soutien manifeste des antibloqueurs désireux d'aller en cours.

Mardi en fin de matinée, des centaines d'étudiants ont finalement pu pénétrer dans le bâtiment de droit, protégés par les forces de l'ordre qui venaient de déloger, à coups de matraques, ceux qui en bloquaient l'entrée.

Au cours de l'intervention policière, les étudiants opposés au blocage criaient "Bloqueurs, hors des facs", "Liberté d'étudier", ou encore "Allez les bleus", en référence aux uniformes des CRS et gendarmes mobiles.

Pour la première fois mardi matin, vers 07H00, les étudiants mobilisés contre la loi d'autonomie des universités avaient réussi à bloquer l'ensemble de la faculté, y compris les bâtiments de droit, d'économie et de gestion, épargnés jusque-là par le mouvement. Les forces de l'ordre, arrivées un peu avant 10H00 sur le campus, sont intervenues à la demande du président de l'université, Olivier Audéoud, selon des sources policières.

"Ce blocage est totalement illégal et antidémocratique (...) Ce matin, j'ai dû envoyer du personnel administratif pour tenter de calmer la situation, mais la tension montait et nous avons dû faire intervenir la police", a déclaré M. Audéoud.

L'intervention a donné lieu à un face-à-face très tendu entre bloqueurs et antibloqueurs, séparés par un cordon policier, à coups d'insultes, de jets de poignées de terre ou de crachats. Les CRS et gendarmes mobiles ont repoussé à plusieurs reprises les bloqueurs qui tentaient de faire pression sur leurs boucliers, distribuant des coups de matraques et utilisant, parfois, des spray lacrymogènes.

Résultat vers 11H30, tout semblait normal à l'intérieur du bâtiment de droit, où les étudiants vaquaient à leurs occupations, alors qu'à l'extérieur, la police devait encore maintenir à distance les partisans du blocage de la fac. Une AG des antibloqueurs se tenait en fin de matinée dans un amphithéâtre du bâtiment.

Ce blocage avait été décidé la veille lors d'une AG réunissant plus de 1.500 personnes, par un vote à main levée dont le résultat serré (873 pour, 767 contre) a été contesté par les antibloqueurs, ces derniers affirmant que le décompte avait été truqué.

"Ce qui se passe est malheureux, mais si l'élection en AG avait été vraiment démocratique, on en serait pas là", a déclaré à l'AFP Jean-Baptiste, un étudiant en droit mobilisé contre le blocage.

Dénonçant l'intervention des forces de l'ordre, Rémy, un doctorant en sciences politiques responsable du syndicat Sud-Etudiants, a estimé que M. Audéoud voulait appraraître comme "le bon élève de la libéralisation des facs".

"Notre mouvement inquiète le gouvernement et le président de l'université, c'est pour ça qu'ils choisissent la répression", a-t-il ajouté.

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