Marseille: le suspense grandit, la 2e ville de France pourrait basculer à gauche

MARSEILLE (AFP) — Le suspense grandit pour les élections municipales à Marseille, deuxième ville de France, avec une ascension régulière dans les sondages du candidat socialiste Jean-Noël Guérini qui a dépassé pour la première fois son adversaire UMP, le maire sortant Jean-Claude Gaudin.

La liste PS-PCF-Verts emmenée par le président du conseil général des Bouches-du-Rhône remporterait le second tour des élections le 16 mars avec 51% des intentions de vote contre 49% à celle de M. Gaudin, selon une enquête TNS-Sofres publiée mercredi dans Le Figaro.

"C'est une bonne nouvelle, mais il faut être réaliste, une élection ne se gagne pas par rapport à un sondage", a sobrement commenté M. Guérini.

"De l'accueil que nous recevons des Marseillais pendant notre campagne, je n'ai pas le sentiment qu'ils souhaitent changer d'équipe", a estimé de son côté M. Gaudin.

Selon le sondage, le candidat de la gauche arriverait en tête au premier tour avec 40% des intentions de vote, contre 37% au candidat UMP, 9% à Stéphane Ravier (FN), 7% à Jean-Luc Bennahmias (MoDem) et 5,5% à Samuel Johsua (LCR-alternatifs).

Une enquête Ifop-Fiducial publiée mardi dans Paris-Match et portant uniquement sur le premier tour des élections donnait déjà M. Guérini en tête avec 40% des intentions de vote contre 36% pour M. Gaudin.

L'Ifop juge le rapport de force "très serré" mais observe "une dynamique indéniable en faveur de la gauche, laquelle 25 ans après la dernière élection de Gaston Defferre serait potentiellement en mesure de reconquérir cette ville symbole".

En novembre, un sondage donnait M. Gaudin en avance de 10 points sur M. Guérini au second tour. Puis l'écart s'est réduit au fil des mois, passant à trois points dans une enquête mi-février avant que les candidats ne soient mis à égalité, toujours au second tour, par un sondage OpinionWay du 21 février.

"Depuis l'annonce de ma candidature le 8 septembre, j'y ai toujours cru", a souligné mercredi M. Guérini. "Mon concurrent indiquait que j'avais un taux de notoriété faible, que ceci, que cela, que j'avais 15 points de retard, et vous ne m'avez jamais entendu dire quoi que ce soit".

Le candidat PS se fait fort de "prendre à bras-le-corps", s'il est élu, les problèmes des Marseillais: "Dieu sait s'il y en a, des problèmes de propreté -malheureusement pour nous Marseille est une des villes les plus sales d'Europe-, des problèmes de logement, de transports, de petite enfance, d'environnement, de sécurité".

Jean-Claude Gaudin, lui, renvoie sa baisse dans les sondages à l'impopularité du président de la République Nicolas Sarkozy: "Marseille reçoit aussi la température parisienne".

Le vice-président de l'UMP concède seulement ne pas avoir mis suffisamment en valeur son bilan tout en jugeant que la partie n'est pas encore perdue du fait du mode de scrutin marseillais. Celui-ci donne une grosse prime au vainqueur dans chaque secteur et permet à un candidat d'être élu maire avec moins de voix que son concurrent à l'échelle de la ville.

"Il faudrait aussi une projection sur les huit secteurs de Marseille et dans ce cas-là, le résultat pourrait s'inverser", a dit M. Gaudin qui constate que le FN (11% dans le sondage Ifop-Fiducial) et le MoDem lui "grignotent" son électorat.

Le MoDem se voit d'ailleurs en arbitre. "Au soir du premier tour, nous serons prêts à discuter avec Jean-Claude Gaudin et Jean-Noël Guérini pour une majorité nouvelle", a déclaré Jean-Luc Bennahmias, lors d'une visite de François Bayrou mercredi à Marseille.