PARIS (AFP) — Un président du Conseil constitutionnel doit observer "une réserve absolue sur la vie politique et sur les acteurs de la vie politique", a souligné lundi le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), après des propos de Jean-Louis Debré visant le chef de l'Etat.
"Je pense que la procédure de nomination des présidents du Conseil constitutionnel, leur rôle, leur pouvoir considérable exigent une réserve absolue sur la vie politique et sur les acteurs de la vie politique", a déclaré M. Accoyer sur LCI.
Dimanche, le président du Conseil constitutionnel avait estimé qu'"à partir du moment où vous avez reçu une mission du peuple, quelle que soit cette mission, il y a une certaine tenue à avoir", évoquant la vie privée du chef de l'Etat. M. Debré avait également critiqué l'exposition médiatique des conseillers de l'Elysée.
M. Accoyer a rétorqué: "A partir du moment où les conseillers du président s'expriment selon la volonté du président leur expression procède de l'explication de l'action publique. Je ne vois pas là de problème particulier".
"Ce n'est pas au président du Conseil constitutionnel de donner des injonctions ni à l'exécutif ni au législatif", a insisté le président de l'Assemblée.
Le Conseil constitutionnel "a à se saisir et à juger de la constitutionnalité des textes, c'est déjà considérable, il jouit d'une indépendance absolue, il n'y a pas d'appel possible à ses décisions. Ca justifie une position en retrait des évènements quotidiens de la vie politique et des attitudes des uns et des autres", a-t-il conclu.
Les deux anciens Premiers ministres UMP Jean-Pierre Raffarin et Edouard Balladur ont également reproché au président du Conseil constitutionnel d'être sorti de son "devoir" de réserve.
Jean-Louis Debré "a raison de penser que la fonction présidentielle ne doit pas être désacralisée mais il devrait respecter un certain devoir de réserve dû à sa fonction", a déclaré M. Raffarin, vice-président de l'UMP, sur Canal+.
"J'ignorais que M. Debré était qualifié pour donner des leçons de retenue surtout lorsque je vois la façon dont il s'exprime alors que la Constitution impose au président du Conseil constitutionnel une totale réserve", a déclaré pour sa part, ironique, M. Balladur sur France 2.
Les deux anciens chefs de gouvernement ont tous deux salué le mariage du chef de l'Etat avec la chanteuse et ex-top model Carla Bruni.
"Je suis heureux de voir que la situation est stabilisée" car "nous avons quelque peu souffert de l'instabilité", a déclaré M. Raffarin. A propos de la nouvelle épouse du président de la République il a assuré avoir "confiance en sa capacité à être la première dame de France. Elle a l'intelligence, la culture, le savoir-faire pour assumer cette responsabilité avec dignité".
"Il est évident que depuis samedi les choses ont pris un autre tour", a simplement déclaré M. Balladur en souhaitant que "Nicolas Sarkozy trouve le bonheur".
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
