BRUXELLES (AFP) — La Commission européenne a soutenu mercredi l'idée de prêts à taux réduit pour le secteur automobile européen afin de développer des véhicules plus écologiques, projet soutenu en particulier par la France et déjà mis en oeuvre aux Etats-Unis.
L'idée suscite "beaucoup de sympathie" à la Commission et chez les Etats membres, a assuré devant la presse le commissaire européen à l'Industrie Günter Verheugen après avoir rencontré des représentants du secteur à Bruxelles.
"Nous devons maintenant attendre de voir quelles possibilités concrètes offre la BEI (Banque européenne d'investissement), mais sur le principe, cette possibilité devrait être acceptée", a-t-il dit
L'association des constructeurs automobiles européens ACEA avait réclamé début octobre, pour maintenir la compétitivité du secteur, des prêts d'un total de 40 milliards d'euros.
Les concurrents américains vont en effet bénéficier de 25 milliards de dollars de prêts à taux préférentiels pour développer des modèles économes en carburant. Certains groupes automobiles pourraient aussi, grâce à leurs filiales financières, profiter du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars prévu pour le secteur bancaire américain.
Les constructeurs européens font valoir qu'il doivent beaucoup investir pour développer des véhicules moins polluants, comme le demande l'UE dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Or leurs ventes chutent et la crise du crédit complique les financements.
"Les banques aujourd'hui ne nous suivent pas et les clients, parce que les banques ne les suivent pas non plus, sont en train de nous lâcher", a commenté Christian Streiff, patron du français PSA Peugeot Citroën et président de l'ACEA.
La baisse des ventes du secteur a été "de l'ordre de 10%" au troisième trimestre et ce sera "probablement beaucoup plus au quatrième trimestre".
Plusieurs constructeurs, dont PSA, ont annoncé des réductions de leur production.
"Si en plus de nous battre contre une situation comme aujourd'hui, nous devons développer et mettre sur pied une industrie nouvelle, celle de véhicules différents, nous avons besoin de soutien financier", a dit M. Streiff.
L'industrie demande "un cadre pour des crédits d'un total de 40 milliards d'euros pour la recherche-développement dans le domaine de l'efficacité énergétique, de la protection de l'environnement ou de la consommation de carburant", a expliqué M. Verheugen.
Ces crédits seraient "mis à disposition à des conditions plus favorables que la normale, par des instruments financiers adéquats de la BEI", a-t-il ajouté, notant que "c'est la raison pour laquelle la BEI a été créée".
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, s'est aussi dit "ouvert" à des aides pour les voitures propres, "pour aider l'industrie européenne à maintenir sa compétitivité", tout en appelant à éviter les "aides sectorielles à l'ancienne"."
Mi-octobre, les pays de l'UE avaient demandé à la Commission de réfléchir à des moyens de soutenir la croissance et l'emploi. Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside l'Union, avait justement appelé à "donner un coup de main" à l'industrie automobile.
L'idée des prêts est en revanche critiquée par les organisations écologistes telles Greenpeace, qui jugent que le secteur automobile doit d'abord accepter de faire plus d'efforts pour produire des véhicules moins polluants.
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