LILLE (AFP) — "Le terrain, le charbon, c'est ça le lieu du combat": mercredi et jeudi autour de Roubaix et Lille (Nord), François Bayrou a entamé une série de déplacements axés sur les conséquences de la crise financière, prélude à la campagne des européennes de juin 2009.
La visite, axée sur la grande distribution, a démarré avec une rencontre avec les élus démocrates de Roubaix, à l'Hôtel de ville.
Tout à son sujet, le président du Mouvement Démocrate (MoDem) présente les deux "têtes de gondole" du MoDem dans la région, Olivier Henno et Jean-Marie Vanlerenberghe, patrons des fédérations du Nord et du Pas-de-calais.
Mais le ton redevient vite sérieux car, hasard du calendrier, le groupe de vente à distance La Redoute, basé à Roubaix, a annoncé la veille 672 suppressions d'emplois.
"On voit là que la crise, qui était financière et lointaine, devient économique et proche", souligne M. Bayrou. Il prédit "des temps difficiles", en raison d'un inévitable "enchaînement mécanique": "crise financière, crise économique, crise sociale, crise politique".
Pour le député des Pyrénées-Atlantiques, qui a voté le plan de soutien aux banques car leur effondrement aurait été "une catastrophe" pour les Français, "la puissance publique ne peut se laver les mains de ce qui se passe. On a trouvé des milliards pour les banques, on a l'obligation d'apporter des réponses concrètes aux gens qui sont frappés".
Même message lors d'une "kermesse flamande" avec quelque 300 militants à Saint-André-lez-Lille, où il oppose un modèle de société "humaniste" au modèle "capitaliste" défendu par Nicolas Sarkozy, balayant la volonté de régulation du système financier du chef de l'Etat.
Dire qu'il existerait un "méchant capitalisme financier" et un "gentil capitalisme industriel", est une "sornette", assène-t-il.
Jeudi, juste après 7 heures, M. Bayrou est au magasin Auchan de Faches Thumesnil, pour une visite de quatre heures et demie, durant laquelle il explore le moindre recoin et s'entretient sans se presser avec employés, fournisseurs et clients.
"Vous êtes quelqu'un qui perce!", l'encourage un producteur de viande, Ghislain Lelong. "Et puis, on vous a vu à la télé sur votre tracteur".
Pour M. Bayrou, très hostile au projet gouvernemental d'assouplir la législation sur le travail du dimanche, c'est notamment l'occasion de discuter de son nouveau cheval de bataille. "Je préfère être avec ma famille", lui dit un cadre, requérant l'anonymat. "Battez-vous, on compte sur vous!".
La visite se termine par une rencontre avec des membres de la direction et chefs de rayons, autour d'un café. La discussion porte sur les marges arrière, la concurrence du hard-discount ....
"Qu'est-ce qui fait que quelqu'un veuille devenir président de la République?", demande le directeur, François Poupard.
"Si on a pour objectif de changer les choses, c'est la seule possibilité", répond le "troisième homme" de la présidentielle 2007. "Je me suis présenté deux fois, j'ai multiplié mes voix par trois entre la première et la deuxième fois, il suffit de rééditer cela!".
Au-delà de la boutade, c'est bien 2012 que vise François Bayrou. Avec l'espoir de réussir ce qu'il a raté la dernière fois: affronter Nicolas Sarkozy au second tour.
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