MIRERANI (AFP) — Les sauveteurs poursuivaient dimanche leurs efforts pour retrouver des dizaines de mineurs portés disparus après avoir été piégés dans une mine inondée dans le nord de la Tanzanie, tandis que leurs familles avaient peu d'espoir de les revoir en vie.
Seuls six cadavres ont été retirés jusqu'à présent de cette mine de tanzanite à Mirerani, au pied du Kilimanjaro, depuis que l'accident s'est produit dans la nuit de vendredi à samedi.
Des responsables tanzaniens ont avancé différents chiffres sur le nombre de mineurs piégés à l'intérieur de la mine.
"Au total, environ 100 personnes ont été touchées par les inondations et 35 ont réussi à s'en sortir en vie", a déclaré dimanche le commissaire régional de Manyara, Henry Shekifu. "Nous sommes toujours en train de rechercher les corps de 59 personnes", a-t-il ajouté.
Ce responsable a été pris à partie par des mineurs auxquels il s'adressait près de l'entrée de la mine, où des tunnels s'entrelacent jusqu'à 250 mètres de profondeur.
"Vous êtes venus ici avec des Land Cruisers au lieu d'amener des machines pour nous aider à extraire nos collègues", a déclaré l'un des mineurs.
Le secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargé des catastrophes naturelles, Philip Marmo, a tenté dans l'après-midi de rassurer la foule des mineurs et de leurs familles, très critiques vis-à-vis de l'action gouvernementale.
"C'est une grande perte pour le pays tout entier (...) nous sommes en train d'évaluer les besoins, nous ferons tout ce qu'il faudra aussi vite que possible", a-t-il dit.
Mais sur le moment, les sauveteurs et des mineurs qui tentaient de descendre dans la mine pour retrouver des corps n'avaient que très peu d'équipements à leur disposition.
Un autre responsable avait indiqué samedi que plus de 80 mineurs étaient portés disparus depuis l'accident survenu dans cette mine située près d'Arusha, à environ 450 km au nord de Dar es Salaam.
En dépit d'une amélioration des conditions météorologiques au cours de la nuit de samedi à dimanche, l'accès à cette mine demeurait très difficile dimanche, a constaté un journaliste de l'AFP.
Une société sud-africaine, Tanzanite One, menant des travaux d'exploitation dans une mine voisine a offert ses équipements pour pomper l'eau et aspirer la boue qui bloque l'accès aux tunnels.
Mais des mineurs et des familles réunis près de l'entrée de la mine semblaient avoir perdu tout espoir de retrouver le moindre survivant.
"Mon mari est toujours au fond bas avec deux de mes beaux-frères. Tout ce que je veux c'est retrouver leurs corps", déclare Rosa Manka, effondrée et soutenue par deux de ses tantes.
Pierre d'un bleu intense découverte en 1954, utilisée en joaillerie, et que l'on trouve exclusivement dans cette région du pays dont elle tire son nom, la tanzanite est une des gemmes les plus recherchées au monde, malgré une dureté limitée et une structure peu résistante.
La plus grosse tanzanite au monde avait été découverte en août 2005 - une pierre précieuse d'environ trois kilogrammes - en Tanzanie, selon la société minière à l'origine de cette trouvaille. Cette pierre, de 220 millimètres sur 80 et sur 70, avait été découverte à 270 mètres de profondeur dans une mine à Mirelani.
Cette découverte avait poussé des milliers de personnes à venir travailler dans les mines de Mirerani.
Des mineurs peu fortunés comme ceux qui ont été touchés par ce désastre ne reçoivent que des rations alimentaires de leurs employeurs et ne sont payés que s'ils découvrent des tanzanites. Certains d'entre eux travaillent durant des mois, voire des années sans être payés.
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