SAINT-ETIENNE (AFP) — Une femme de 36 ans, qui a avoué avoir brûlé le corps de son nouveau-né et est soupçonnée de l'avoir tué lundi à Cherier (Loire), a été mise en examen vendredi pour infanticide avant d'être écrouée.
Après 48 heures de garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Saint-Etienne, Chrystèle Labouré a été présentée au parquet de la ville où elle a été mise en examen pour "meurtre sur mineur de 15 ans" et "atteinte à l'intégrité du cadavre", selon le parquet de Saint-Etienne.
La jeune femme a expliqué aux enquêteurs avoir brûlé le corps immédiatement après avoir accouché de l'enfant qui, selon elle, était mort-né.
Les faits ont été découverts après que la jeune femme, déjà mère de deux fillettes de 7 et 9 ans, se fut présentée pour des maux de ventre mercredi à l'hôpital de Roanne (Loire). Un médecin s'est aperçu qu'elle avait accouché depuis peu, malgré ses dénégations, et il a alerté la justice.
La jeune femme a été placée le soir même en garde à vue, ainsi que son mari, premier adjoint au maire de Cherier, une petite commune de la région du Roannais, qui ignorait que son épouse était enceinte, a précisé une source judiciaire.
Sous le choc, il a été remis en liberté vendredi à la mi-journée sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre lui.
Jeudi, les policiers se sont rendus dans la maison familiale où ils ont découvert d'importantes traces de sang dans la chambre à coucher de la jeune femme qui a fini par reconnaître qu'elle avait accouché lundi matin dans des conditions rudimentaires.
La jeune femme, qui accompagnait les enquêteurs, les a ensuite conduits dans un pré proche de son domicile où elle affirme avoir brûlé le jour même le corps du nourrisson, dont elle ignore le sexe parce que "tout est allé très vite".
Si les cendres -qui sont actuellement analysées- s'avèrent être les seuls restes du nouveau-né, elles ne permettront pas de déterminer si l'enfant est décédé à la naissance ou s'il a été tué, a-t-on encore indiqué de source judiciaire.
La mère, employée, le père, artisan, et leurs deux enfants, menaient jusqu'alors à Cherier une vie qualifiée de "banale" par la police judiciaire de Saint-Etienne en charge de l'enquête.
La jeune femme avait éludé les questions sur sa prise de poids lors de sa grossesse, la mettant sur le compte d'un problème de régime.
Le maire de Cherier, Odile Collet, a estimé pour sa part que la jeune femme "n'(était) pas un monstre". "C'est, a-t-elle dit, une mère qui s'occupe beaucoup de ses deux filles mais qui était sans doute dans un déni de grossesse poussé à l'extrême". Pour Mme Collet, le couple "n'était pas connu pour avoir des problèmes psychologiques".
Le parquet a ouvert une information judiciaire confiée à la juge d'instruction stéphanoise Catherine Malaroche.
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