"Jamais sans mon département": les députés mobilisés pour les plaques minéralogiques

PARIS (AFP) — A gauche comme à droite, la mobilisation des députés en faveur du maintien du numéro du département sur les plaques d'immatriculation prend de l'ampleur au sein d'un collectif parlementaire "Jamais sans mon département", qui revendique déjà 120 membres.

Symboliquement, une trentaine d'élus membres du collectif se sont réunis mercredi après-midi dans la cour d'honneur de l'Assemblée en brandissant des plaques minéralogiques où l'on pouvait lire leur nom et le numéro de leur département d'élection: "Grand 34", "Vallini 38", "Gremetz 80"...

Le gouvernement veut mettre en service, au 1er janvier 2009, de nouvelles plaques minéralogiques (deux lettres-trois chiffres-deux lettres, selon le modèle AA-123-AA) en raison, selon le ministère de l'Intérieur, d'une "prochaine saturation" du système d'immatriculation actuel.

A cette date, chaque véhicule se verra attribuer un numéro "à vie" et la mention du département, en vigueur depuis 1950, deviendra facultative, les automobilistes pouvant choisir d'apposer le numéro d'un département autre que le leur (une option "farfelue", selon le collectif), surmonté du logo de la région correspondante.

"120 parlementaires, tous partis confondus (UMP, PS, NC, PCF, PRG, non inscrits), ont à ce jour rejoint le collectif", a déclaré à la presse le co-président de "Jamais sans mon département", Richard Mallié (UMP, Bouches-du-Rhône), en se félicitant d'un récent sondage Ifop, selon lequel 71% des Français souhaitent le maintien du numéro du département.

"Il ne s'agit pas de remettre en cause la nouvelle immatriculation mais nous voulons obtenir du gouvernement que le numéro du département figure, obligatoirement et de façon très lisible, sur le côté droit des plaques", a-t-il lancé.

Il a exhorté les Français à soutenir cette démarche en votant sur le site internet créé à cet effet www.jamaissansmondepartement.fr.

"Notre initiative n'a rien de folklorique. Il y a un vrai attachement personnel au numéro du département. C'est une sorte de patrimoine collectif à conserver. Pourquoi en priver les générations futures?", a renchéri Alain Vidalies (PS, Landes), autre co-président du collectif.

"C'est un souvenir lié à l'enfance. Tous les Français ont appris leurs départements avec les plaques d'immatriculation", ont lancé en choeur plusieurs députés en évoquant "une question d'identité".

"Dans ma circonscription, on ne m'en parle pas autant que les OGM mais on m'en parle toutes les semaines ! Les gens nous disent: +battez-vous+ pour conserver le numéro du département", a déclaré Jacques Remiller (UMP, Isère).

Les élus ont aussi mis en avant des arguments économiques, soulignant l'impact de la connaissance des plaques d'immatriculation pour l'élaboration des campagnes touristiques.

"C'est aussi un outil de surveillance du territoire. Bon nombre d'affaires sont élucidées parce que les gens ont repéré le numéro du département", a fait valoir Germinal Peiro (PS, Dordogne).

Le collectif mobilise aussi les élus locaux pour faire pression sur le gouvernement. Des initiatives ont déjà fleuri dans bon nombre de départements. Ainsi, en pleine vague ch'ti, le Pas-de-Calais a lancé une opération "Touche pas à ch'tite plaque". Idem en Ardèche où l'on affiche "le 07, moi j'y tiens!".

"On n'est pas dans la raison, on est dans l'affect", reconnaît M. Mallié. Et de prévenir: "nous continuerons notre action tant que nous n'aurons pas été entendus. Nous ne lâcherons pas !".