LONDRES (AFP) — La famine qui se profile en Afghanistan cet hiver fait peser une menace plus importante sur les efforts de la communauté internationale pour reconstruire le pays que la rébellion qui y sévit, a estimé vendredi un centre de réflexion stratégique britannique.
Selon le Royal United Services Institute (RUSI) de Londres, l'accumulation de plusieurs facteurs comme la hausse des prix des produits alimentaires de base et la sécheresse estivale, a créé les conditions d'une famine "désastreuse" en Afghanistan cet hiver, qui pourrait affecter environ 8,4 millions de personnes.
Cette "insécurité alimentaire" s'est développée alors que "les regards du monde se concentraient sur la violence qui de plus en plus prend une apparence terroriste", a relevé Paul Smyth, analyste du RUSI, dans un rapport.
"Quels que soient les effets de l'insurrection violente sur la mission mandatée par l'Onu en Afghanistan, c'est la famine et la malnutrition à grande échelle qui vont dresser l'obstacle le plus important aux progrès" de la communauté internationale, a-t-il ajouté.
"Pour maintenir sa crédibilité et son autorité morale à agir en Afghanistan, la communauté internationale doit engager une action opportune, concertée et efficace", a poursuivi M. Smyth.
L'organisation humanitaire Oxfam avait estimé fin août que près de 4,5 millions d'Afghans, déjà confrontés à des problèmes pour se procurer de la nourriture de base en raison de l'augmentation des prix, risquaient de souffrir de famine cet hiver.
Depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir en Afghanistan en 2001 par la coalition internationale menée par les Etats-Unis, le pays est confronté à une insurrection sanglante dirigée contre la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf).
Mais "le gouvernement afghan et la mission Onu/Isaf subiront un revers plus important si la communauté internationale n'empêche pas un désastre humanitaire prévisible", a relevé M. Smyth.
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