WASHINGTON (AFP) — Les Etats-Unis continuent de miser sur la diplomatie pour gérer la question nucléaire en Iran, mais "toutes les options restent ouvertes", a affirmé dimanche le secrétaire à la Défense Robert Gates, alors que se cristallisent les points de tension entre Washington et Téhéran.
"L'administration (Bush) estime pour le moment que la voie diplomatique et économique est de loin la meilleure approche pour continuer de gérer la menace iranienne", a indiqué M. Gates dans un entretien à la chaîne de télévision américaine Fox News.
"Nous disons toujours que toutes les options sont sur la table. Mais évidemment, nous poursuivons une approche diplomatique et économique", a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis accusent l'Iran de tenter de développer l'arme nucléaire et ont déjà suggéré qu'ils pourraient recourir à la force pour stopper ces ambitions.
Les déclarations de M. Gates interviennent peu avant la tenue, vendredi, d'une réunion à Washington des six grandes puissances impliquées dans les discussions sur la question nucléaire iranienne -- Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne -- pour étudier un projet de résolution de l'ONU prévoyant de nouvelles sanctions contre Téhéran.
Ce dossier sera également au centre de la Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui s'ouvre lundi à Vienne.
Outre le dossier nucléaire, Washington accuse régulièrement Téhéran de soutenir les milices chiites qui combattent l'armée américaine en Irak.
Le président américain George W. Bush est revenu à la charge jeudi, en affirmant que "les efforts de l'Iran et de la Syrie pour saper le travail du gouvernement (Maliki) (devaient) cesser".
Le plus haut gradé américain en Irak, le général David Petraeus, avait indiqué lundi devant le Congrès que le volume des livraisons d'armes fournies par Téhéran à divers groupes extrémistes irakiens avait augmenté.
Dimanche, M. Gates a toutefois exclu que les troupes américaines franchissent la frontière iranienne pour démanteler des camps de combattants chiites actifs en Irak.
"Nous pouvons gérer ce problème via de meilleures opérations à l'intérieur des frontières irakiennes et à la frontière avec l'Iran (...) Nous n'avons pas besoin de franchir la frontière avec l'Iran", a-t-il jugé.
L'armée américaine prévoit d'installer une base militaire très près de cette frontière pour mieux lutter contre le flux clandestin d'armes et de combattants iraniens rejoignant l'Irak.
Les deux plus hauts dirigeants iraniens ont balayé cette semaine la menace d'une intervention américaine en Iran, jugeant que Washington n'en avait pas les moyens.
Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a tourné en dérision, vendredi, "la défaite complète des Etats-Unis dans leur tentative d'affaiblir l'Iran".
"Les Américains veulent faire beaucoup de choses mais ils n'en sont pas capables", a quant à lui déclaré le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, dans un entretien diffusé mercredi par la chaîne de télévision britannique ITV News.
Sur un autre front, des soldats de l'Otan en Afghanistan ont intercepté des explosifs en provenance d'Iran, a confirmé dimanche l'Organisation.
Par ailleurs, M. Gates a également évoqué dimanche la Syrie, l'autre bête noire des Américains dans la région, soupçonnée de coopérer avec la Corée du Nord pour se doter d'installations nucléaires.
Une telle collaboration représenterait "un vrai problème" pour les Etats-Unis, a-t-il souligné, en refusant de confirmer des informations de presse. "Tout ce que je peux dire, c'est que nous observons très attentivement les Nord-Coréens et la Syrie".
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