MARSEILLE (AFP) — La police de quartier, jusqu'alors expérimentée dans la seule Seine Saint-Denis, a été lancée mercredi à Marseille par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, en vue de sa mise en place effective en septembre.
Une "unité territoriale de quartier" (Uteq) de 21 personnes va venir renforcer le commissariat du 3ème arrondissement, a indiqué la ministre qui a visité les lieux en compagnie du préfet des Bouches-du-Rhône Michel Sappin, du préfet délégué à la sécurité et à la défense Jean-Luc Marx et du directeur départemental de la Sécurité publique Pierre Carton.
Une seconde Uteq est prévue dans le quartier de la Cayolle, dans le sud de Marseille.
Les Uteq sont chargées de lutter contre les violences urbaines et la délinquance souterraine mais aussi de rétablir la confiance entre population et police.
Mme Alliot-Marie qui se défend de ressusciter la police de proximité créée par la gauche sous le gouvernement Jospin et supprimée en 2002 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, a salué l'unité de prévention urbaine du commissariat, créée dès 1991 pour prévenir la délinquance en lien avec la population et restée unique en France.
"Vous êtes en avance sur la ligne que je veux instaurer", a déclaré la ministre au chef d'unité.
"De fait, si faire de la police de proximité cela signifie nouer des contacts avec les gens, il y en a toujours eu ici. La population demande toujours la présence de la police", a estimé l'intéressé.
Le commissariat est situé à l'entrée de la cité Félix-Pyat, dans un des quartiers sensibles de la ville.
Mme Alliot-Marie a épinglé toutefois les résultats de la police marseillaise dont le taux d'élucidation des infractions, à 25-26% contre 38% en moyenne dans le pays, reste insuffisant à ses yeux.
"Je constate qu'il y a eu des progrès, je constate aussi que ces progrès ne sont pas à la hauteur de ce qui se fait sur l'ensemble du territoire national", a-t-elle souligné.
Après un tour du quartier durant lequel elle a rencontré habitants, acteurs sociaux et commerçants, Mme Alliot-Marie a lancé sa deuxième série de "réunions de cohésion" après celles organisées en 2007 en Seine-Saint-Denis. Ces réunions sont destinées à établir une "chaîne de sécurité" entre les acteurs de la communauté (police, justice, éducation, associations, élus).
"Je suis venue écouter les problèmes de sécurité de Marseille (...) et faire comprendre à la population que c'est son intérêt de nous aider à lutter contre la délinquance", a affirmé la ministre.
"Nous ne serons efficaces que quand nous aurons isolé les délinquants au sein de leur milieu", a-t-elle ajouté.
Ces réunions se poursuivront pendant l'été sous la houlette du préfet, avant une synthèse des mesures à prendre à l'automne.
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