Opération de police dans un foyer du XIIIe à Paris: 114 personnes en garde à vue

PARIS (AFP) — Cent cinq personnes en situation irrégulière et neuf personnes soupçonnées d'avoir organisé leur hébergement ont été placées en garde à vue mardi à l'issue de l'intervention policière dans un foyer de travailleurs dans le XIIIe arrondissement de Paris, a-t-on appris de source judiciaire.

L'opération dans ce foyer insalubre a été menée mardi matin par environ 400 policiers et a abouti à l'interpellation de 116 personnes, a-t-on appris de même source. Deux des interpellés, en situation régulière, ont été remis en liberté dans la matinée.

Neuf des gardés à vue sont soupçonnés d'avoir organisé l'hébergement des travailleurs dans ce foyer associatif, selon cette source.

Cent cinq personnes hébergées dans ce foyer, toutes d'origine sub-saharienne et soupçonnées de séjour irrégulier, étaient toujours en garde à vue mardi après-midi.

Les policiers, qui ont agi sur commission rogatoire d'un juge parisien, ont procédé au contrôle de ce foyer hébergeant des travailleurs dans des conditions contraires à la dignité humaine, selon la préfecture de police (PP).

Le magistrat instructeur est saisi d'une information judiciaire visant notamment des faits d'hébergement de personnes dépendantes dans des conditions incompatibles avec la dignité humaine, de faux documents administratifs et d'usage et d'aide au séjour irrégulier.

L'enquête a mis en évidence l'existence de filières de logeurs hébergeant à prix fort des travailleurs migrants dans des conditions insalubres, selon la PP.

Ce foyer présente un taux d'occupation deux fois supérieur à sa capacité d'accueil, a-t-elle ajouté.

La LCR a dénoncé mardi la "rafle policière" contre ce foyer de travailleurs immigrés et appelé à une "grande manifestation" le 23 février "contre le ministère de l'Identité nationale et les rafles".

Les candidats des trois listes de la Gauche alternative dans les Xe, XIIIe et XXe arrondissements de Paris ont dénoncé, dans un communiqué, "la rafle" et la "descente musclée" de la police dans ce foyer où "aucune porte de chambre n'est restée intacte" à l'issue de l'intervention qui rappelle, selon eux, "les moments les plus honteux de l'histoire de ce pays".