MOSCOU (AFP) — La campagne pour les législatives s'est achevée vendredi en Russie sur un message triomphaliste du mouvement de jeunesse proche du Kremlin Nachi, qui présente la victoire dimanche du parti de Vladimir Poutine comme déjà acquise.
"Le 2 décembre, les Russes ont choisi le président Poutine comme leader national de la Russie", anticipent les Nachi ("Les Nôtres") dans un étonnant communiqué se félicitant du "score écrasant" du parti Russie unie.
Le service de presse de cette puissante organisation a confirmé ces propos tenus au passé : "c'est parce que nous sommes convaincus de sa victoire", a dit à l'AFP une de ses responsables, Anna Gourinovitch.
"Ils ont vaincu le désir ardent de certains pays d'imposer leur opinion, ils ont vaincu les voleurs et les traîtres", se réjouit l'organisation, dans des déclarations antioccidentales en phase avec les accusations de M. Poutine contre les "chacals" de l'opposition subventionnés selon lui par l'Occident.
Garry Kasparov, chef du mouvement L'Autre Russie, qui appelle à boycotter le scrutin, a dénoncé quant à lui l'existence de "fraudes".
"Le volume des fraudes (...) rend d'ores et déjà le régime illégitime", a proclamé, lui aussi par anticipation, M. Kasparov dans une conférence de presse, au lendemain de sa libération après cinq jours de prison pour "manifestation non autorisée".
"Un nombre significatif de forces politiques, tant à droite qu'à gauche, sont exclues" du jeu politique, a ajouté celui dont le mouvement n'a pas réuni les nombreuses conditions désormais requises pour s'enregistrer comme parti et ne participe donc pas aux législatives.
Son mouvement, qui avait par le passé évoqué l'organisation d'une manifestation dimanche, ne parle plus que d'un "rassemblement-éclair" lundi soir à Moscou.
Vendredi, la mairie de la capitale russe, où 20.000 policiers seront mobilisés, a averti qu'aucun meeting ne serait toléré dimanche et dans la nuit de dimanche à lundi.
Avant samedi, "jour du silence" au cours duquel toute déclaration politique est interdite, les autorités ont redoublé d'effort pour appeler les 109 millions d'électeurs à aller voter.
Un fort taux d'abstention est en effet redouté à ce scrutin présenté comme un plébiscite pour le président Vladimir Poutine, à trois mois de la présidentielle de mars.
Des SMS ont ainsi été envoyés par les opérateurs téléphoniques afin de rappeler à leur abonnés que leur vote est "important pour le pays", à la demande du Kremlin, écrit Kommersant.
Ce journal ironise sur le "candidat numéro un", dont le parti recueille plus de 60% des intentions de vote, le président Poutine étant tête de liste de Russie unie.
Le chef de l'Etat s'est rendu dans l'après-midi à l'Académie des sciences, où il a promis de doubler les dépenses de l'Etat pour la recherche fondamentale.
Le parti d'opposition Iabloko a manifesté afin de réclamer que "le pouvoir soit sous le contrôle des citoyens", son slogan de campagne, dénonçant l'accaparement du pouvoir par M. Poutine. Crédité de 1 à 2% des voix, il a cependant peu de chances d'entrer au Parlement, comme les libéraux du SPS.
Le mouvement de Garry Kasparov a organisé une manifestation symbolique sur la place Pouchkine à Moscou, avec une banderole fustigeant "la cleptomanie du pouvoir".
Un des deux manifestants tenant la banderole, Vladimir Kalaboukhov, a dénoncé l'indifférence de ses concitoyens vis-à-vis d'un scrutin qui tient selon lui du "coup d'Etat en toute tranquillité".
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