Maladies longue durée: le Conseil de la CNAM demande le retrait des propositions

PARIS (AFP) — Le Conseil de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), dont le rôle est surtout consultatif, a demandé jeudi à l'unanimité que les propositions sur les affections de longue durée (ALD) soient retirées du plan d'économies proposé par le directeur.

Le directeur de la Cnam Frédéric van Roekeghem, nommé par le gouvernement, a proposé mardi dans une interview aux Echos un plan d'économies comportant notamment une baisse du remboursement de 100% à 35% des médicaments à vignette bleue (dits "de confort"), pour les malades atteints d'ALD (comme le cancer ou le diabète).

Les membres du Conseil de la Cnam, composé notamment des partenaires sociaux et des mutuelles, ont souligné dans un communiqué commun que "la question de l'évolution de notre système de santé et de son financement doit s'appuyer sur un débat de fond du Conseil dans des délais raisonnables, en particulier sur la question des ALD".

"Dans ces conditions le Conseil demande, à l'unanimité des ses membres, que les propositions (...) relatives aux ALD soient retirés de la note relative à l'équilibre des charges et produits pour 2009".

Le Conseil se dit parallèlement "soucieux d'éviter que les dettes de l'assurance maladie continuent à être transférées sur les générations futures" et rappelle son "attachement au fondement solidaire de l'assurance maladie".

L'idée d'une baisse de la prise en charge des traitements des personnes atteintes d'ALD et d'un "transfert" d'une partie de leurs remboursements vers les mutuelles ou assurances privées, a suscité une avalanche de critiques.

Pour Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath (handicapés), qui siège au Conseil et revendique près de 200.000 adhérents, "l'annonce dans la presse par le directeur de la Cnam" de ses propositions d'économies "témoigne d'un manque de respect à l'égard du Conseil, dont les membres n'ont été ni consultés ni informés au préalable".

"Notre système de santé et la prise en charge de millions de personnes ne peuvent se résumer à de simples actions de communication", a-t-il déclaré à l'AFP, jugeant les mesures proposées dans le plan "choquantes et scandaleuses pour les malades".

"Elles confirment une fois de plus une politique qui impose brutalement aux seuls patients une mise à contribution", a-t-il regretté.