Juppé réélu maire de Bordeaux, mais ne se voit pas en recours pour la droite

BORDEAUX (AFP) — L'ex-Premier ministre Alain Juppé a été formellement élu vendredi maire de Bordeaux, un succès personnel pour ce responsable longtemps "mal-aimé" des Français, mais qui, assure-t-il, ne le conduira pas à être un recours pour une droite affaiblie.

Les conseillers municipaux de Bordeaux ont reconduit sans surprise M. Juppé, dont la liste avait obtenue près de 57% des suffrages au 1er tour des municipales, la seule victoire de poids de la droite dimanche dernier.

D'autres conseils municipaux élus dès le premier tour procédaient vendredi à l'élection de leur premier responsable.

Ce succès local de M. Juppé -dans une ville administrée depuis 61 ans par la droite- lui a valu d'être présenté dans la presse comme un possible recours pour la majorité, voire d'apparaître comme un éventuel rival pour le président Nicolas Sarkozy, en chute libre dans les sondages. Des commentaires que M. Juppé a balayé: il a assuré vouloir se consacrer exclusivement à Bordeaux, et ne pas viser de responsabilités nationales "quelque soit le chant des sirènes".

"Pour des responsabilités suprêmes, c'est clair, j'ai été mis hors jeu", a concédé M. Juppé dans un récent entretien. En juillet dernier, Juppé avait essuyé un cuisant revers, politique et personnel, en étant battu aux législatives, ce qui avait brisé net son retour au premier plan. Il avait dû démissionner de son éphémère poste de "superministre" de l'Ecologie et numéro deux du gouvernement de M. Sarkozy.

En 2004, une condamnation à 14 mois de prison avec sursis et une année d'inéligibilité dans une ancienne affaire d'emplois fictifs de la mairie de Paris l'avait déjà contraint à abandonner la vie politique et à "s'exiler" au Québec, où il avait enseigné pendant un an.

De retour en France, il avait été porté en octobre 2006, aux commandes de Bordeaux, en se présentant comme un homme mûri par les échecs et apaisé, loin de l'image du Premier ministre, rigide et orgueilleux, conspué pendant les grandes manifestations sociales de 1995.

Vendredi, M. Juppé s'est dit "ému et heureux" par sa réélection comme maire.