Un malade du cancer sur dix se dit victime de discrimination

PARIS (AFP) — Un malade du cancer sur dix se dit victime de discrimination et un sur quatre déplore une baisse de ses revenus deux ans après le début de la maladie, selon une enquête sur les conditions de vie des malades du cancer, rendue publique jeudi.

Cette enquête a été réalisée fin 2004/début 2005 auprès de 4.270 adultes diagnostiqués en 2002, soit avant la mise en place du Plan Cancer 2003-2007.

Elle "dresse pour la première fois un panorama complet des conditions de vie des malades du cancer deux ans après le diagnostic", indique Anne-Marie Brocas, directrice de la Recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

En 2004, 8 personnes sur 10 parlent de leur cancer ou de leur tumeur en employant directement ces termes.

9% déclarent avoir été exposées à des attitudes de rejet ou de discrimination de la part de l'entourage familial (3%), de proches (5%), du milieu professionnel (3%) ou d'autres personnes (4%)

Les personnes qui avaient entre 18 et 57 ans au moment du diagnostic étaient pour 88% en activité (83% avec un emploi, 5% au chômage). Deux ans plus tard, parmi celles qui sont en vie, 60% ont encore un emploi, mais 23% sont inactives, 12% en arrêt maladie et 8% au chômage.

Une personne sur quatre déclare une baisse de ses revenus deux ans après le début de la maladie, et, parmi elles, les deux tiers l'attribuent au cancer.

Réalisée par la Drees en partenariat avec l'Inserm et les trois principaux régimes d'assurance-maladie, l'enquête s'inscrit dans le cadre du Plan Cancer lancé par Jacques Chirac, dont une dizaine de mesures visent à améliorer la prise en charge et les conditions de vie des malades.