Bilan mitigé pour Estrosi à l'Outre-mer
PARIS (AFP) — Le secrétaire d'Etat Christian Estrosi, qui a démissionné lundi du gouvernement après son élection à la mairie de Nice, laisse un bilan mitigé à l'Outre-mer, son activisme n'ayant pas toujours donné les résultats escomptés.
Tout en conservant la présidence du conseil général des Alpes Maritimes et en étant candidat à la mairie de Nice, M. Estrosi se sera rendu en neuf mois dans pratiquement tous les départements et collectivités d'outre-mer, y réaffirmant constamment la présence de l'Etat.
Son équipe prend plaisir à souligner qu'il aura parcouru 279.000 km, plus de sept fois le tour du monde, se rendant notamment quatre fois en Polynésie française.
L'ancien champion de France de motocyclisme a été dépêché chaque fois qu'il y a eu un sinistre outre-mer: accident d'un avion en Polynésie en juillet, ouragan Dean à la Martinique et en Guadeloupe en août, séisme aux Antilles en novembre.
Il s'est aussi rendu à Saint-Pierre-et-Miquelon pour apaiser la colère des pêcheurs et s'est investi pour l'environnement, lors du Grenelle ou en allant défendre le dossier de l'inscription du récif coralien de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l'Unesco.
Certains de ses déplacements ont été controversés, comme celui de Nouvelle-Calédonie, qui s'était soldé par la démission du haut-commissaire Michel Mathieu, après des affrontements avec les forces de l'ordre.
Et surtout, après des effets d'annonce, par exemple pour faire baisser le prix des billets d'avion entre la métropole et l'outre-mer, promesse du candidat Nicolas Sarkozy, il n'est pas toujours entré dans le fond des dossiers, selon plusieurs personnes ayant travaillé avec lui.
Sauf sur un sujet, où il s'est personnellement impliqué, celui de la Polynésie, minée par une instabilité politique chronique et des dérives concernant l'utilisation des fonds publics.
S'il a réussi à serrer les boulons financiers de Tahiti, il a échoué sur le plan politique, après avoir fait voter en urgence une énième loi organique pour la Polynésie, censée mettre fin aux renversements incessants de gouvernements.
Il a même essuyé un sévère camouflet lors des dernières élections territoriales polynésiennes puisque c'est le grand perdant des élections, Gaston Flosse, sénateur UMP lâché par le gouvernement à son instigation, qui se retrouve au pouvoir, après avoir fait alliance avec son ennemi de trente ans, l'indépendantiste Oscar Temaru.
M. Estrosi n'a pas non plus mené à bien la réforme des congés bonifiés dont bénéficient les fonctionnaires ultra-marins, pour subventionner une part de leurs billets d'avion.
Le dossier a été repris par le délégué interministériel Patrick Karam, qu'il avait cherché à évincer.
Enfin, M. Estrosi a du récemment se laisser voler la vedette par M. Sarkozy pour la présentation du projet de loi-programme sur l'outre-mer, en cours d'examen par le conseil économique et social. Plusieurs volets de ce projet, tout comme son chiffrage, sont d'ailleurs critiqués.

