VILLEFRANCHE-DE-LAURAGAIS(AFP) (AFP) — Le procès des quatre marginaux, responsables de la mort d'un étudiant en septembre 2006 à Toulouse, s'est achevé vendredi soir devant la cour d'assises de la Haute-Garonne qui a prononcé des peines allant de 12 à 15 ans de réclusion criminelle.
Devant la cour transférée à Villefranche-de-Lauragais, une peine de 15 ans a été prononcée pour trois coaccusés, Stéphane Boucheron, Sébastien Deligny et Mehdi Boucheteil, accusés de "meurtre" à l'ouverture du procès mais à propos desquels le jury n'a retenu que "les violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
"15 ans c'est une peine criminelle sévère pour laquelle la famille est satisfaite", a indiqué l'avocat des parties civiles, Me Georges Catala.
Les jurés ont suivi partiellement les réquisitions de l'avocat général Jean-Louis Bec, qui avait réclamé des peines de 15 à 18 ans, affirmant n'avoir pas "la certitude de la volonté d'homicide".
C'est l'audition d'un témoin visuel du drame, mercredi, qui a finalement influé sur la requalification des faits au cours du délibéré. "Personne n'a été balancé ou jeté", avait certifié à la barre Rémi Gilet qui se trouvait en contrebas du pont.
Les coaccusés, qui se sont excusés vendredi auprès de la famille, ont tous décrit la victime comme "sympathique" et "ouvert". "Edouard nous a payé à boire et nous a offert des cigarettes, quelque chose de rare", avait même noté Sébastien Deligny à la barre.
Edouard Rihouay, 26 ans, étudiant en master en sociologie et économie solidaire à la faculté du Mirail, portait effectivement son intérêt vers les personnes les plus démunies.
Le jour du drame, il venait de présenter à son directeur de thèse son travail sur les possibilités de nourrir les populations pauvres de France grâce au surplus de nourriture.
Mais, à partir de trois heures du matin, l'atmosphère s'est "tendue", ont expliqué les coaccusés qui, sous l'emprise d'un cocktail de LSD, amphétamines, alcool et Subutex, ont commencé à frapper la victime.
Les événements se sont accélérés lorsque l'étudiant a tenté de reprendre son skateboard des mains d'un des marginaux qui le lui avait confisqué, et s'est enfui en direction du Pont Neuf, tout proche, avant d'être rattrapé et d'être hissé par-dessus le parapet.
"Cela a duré deux à trois minutes", avait déclaré Rémi Gilet. "C'était du genre +je te place de l'autre côté du parapet du pont pour te faire peur mais on va pas te lâcher+, et non pas +on te prend on te balance+", avait-t-il ajouté, précisant que la victime a crié à plusieurs reprises "non, je ne veux pas, laissez-moi je n'ai pas envie".
"Je ne suis pas sûr qu'ils voulaient le tuer", avait déclaré l'avocat général lors de son réquisitoire. "Edouard Rihouay a été jeté à l'eau comme il en avait été menacé", mais "ce que ces trois n'ont pas vu c'est que de l'endroit où ils l'ont jeté il y avait le pilier du pont en dessous".
Douze ans de réclusion ont été prononcés contre le quatrième marginal, Guillaume Chalain, pour lequel "de 12 à 15 ans" avaient été requis par le ministère public pour "vol précédé ou accompagné de violences ayant entraîné la mort".
Son avocat, Me Christian Etelin, a indiqué qu'il ferait appel de cette décision, estimant que "la qualification pour laquelle mon client est renvoyé est un artifice car on n'a pas réussi à obtenir la complicité de meurtre".
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