Démission de Karen Hughes, proche conseillère de George W. Bush

WASHINGTON (AFP) — Une proche de George W. Bush, Karen Hughes, a démissionné mercredi de ses fonctions de secrétaire d'Etat adjointe chargée de la diplomatie publique, sans être parvenue à améliorer l'image des Etats-Unis dans le monde.

"C'est avec une grande tristesse mais aussi beaucoup de gratitude pour tout ce qu'elle a accompli que j'annonce au nom du département d'Etat et au nom du président la démission de Karen Hughes aux alentours de la mi-décembre", a déclaré Mme Rice, invoquant des raisons familiales pour cette démission à plus d'un an de la fin du mandat de M. Bush.

La porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino avait également annoncé mercredi matin que Mme Hughes, confidente de M. Bush depuis 17 ans, s'apprêtait à annoncer sa démission pour passer plus de temps avec sa famille.

Ancienne proche conseillère de M. Bush à la Maison Blanche, Mme Hughes, qui aura 51 ans le mois prochain, avait en effet laissé sa famille au Texas, son Etat d'origine, lorsqu'elle avait pris ses fonctions de secrétaire d'Etat adjointe chargée de la diplomatie publique, en 2005.

Son départ suit ceux de deux autres proches conseillers du président américain, Karl Rove et Dan Bartlett. A eux trois, ils étaient considérés comme les principaux architectes de l'accession de l'ancien gouverneur du Texas à la Maison Blanche.

Mme Rice a remercié Karen Hughes pour son "travail extraordinaire" de conseillère en image mais aussi en stratégie politique.

"Elle a rendu possible que chaque ambassadeur se sente capable d'exprimer publiquement le message de Washington et défende la diplomatie" américaine, a-t-elle souligné, rappelant que Mme Hughes avait créé au sein du département d'Etat une "unité de réaction rapide" qui envoie chaque matin par internet à toutes les ambassades le message que l'administration veut faire passer sur les principaux événements du monde.

Mme Hughes a remercié M. Bush et Mme Rice pour lui avoir "accordé le privilège de représenter notre pays à l'étranger et de tendre la main aux peuples du monde".

Mais son passage à la tête de la "diplomatie publique" américaine n'a pas amélioré l'image de Washington dans le monde musulman, qui reste "épouvantable", indiquait en juillet l'institut de sondage PEW dans sa dernière évaluation annuelle de l'opinion mondiale sur les Etats-Unis.

Les Etats-Unis y étaient considérés comme la plus grande menace pour leur pays par une majorité de Bangladais (72%), de Chinois (66%), de Turcs (64%) et de Pakistanais (64%). En outre, 70% des Palestiniens estimaient que les attentats à la bombe étaient justifiés, ajoutait l'insitut de sondage.

Sa première tournée dans la région, accompagnée d'une dizaine de journalistes, avait tourné au fiasco lorsque cette Texane jusqu'au bout des ongles, qui approche le mètre 80, avait plaidé pour le travail des femmes, fait références à sa ferveur chrétienne et défendu la guerre en Irak.

En Turquie notamment, elle s'était présentée comme une "maman qui travaille", précisant "adorer les enfants" mais elle s'était fait prendre à son propre piège de communicante lorsque d'autres "mamans", représentant des associations de femmes, lui avaient rétorqué que c'était l'administration américaine qui tuait les enfants des mères irakiennes.

Sa stratégie de politisation du message des Etats-Unis dans le monde, pour le rendre conforme à l'idéologie de l'administration Bush, avait provoqué des grincements de dents parmi les diplomates.

L'un des responsables du service de presse du département d'Etat, Pryce Floyd, avait ainsi critiqué publiquement en juin dernier, dans une interview à la radio publique NPR, l'utilisation de son service à des fins de "propagande" sous l'influence de Mme Hughes.