Victoire surprise de la gauche à la communauté urbaine de Marseille
MARSEILLE (AFP) — Eugène Caselli, premier secrétaire de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, a été élu jeudi à la surprise générale président de la communauté urbaine de Marseille qui regroupe 18 communes, au grand dam de l'UMP qui a crié au "déni de démocratie".
Au premier tour du scrutin à bulletins secrets, le candidat de la gauche a obtenu 79 voix contre 77 à Renaud Muselier, ancien premier adjoint UMP de Jean-Claude Gaudin à la mairie de Marseille, qui était pourtant favori. Un vote blanc a été comptabilisé.
Si la logique des rapports de force issus des municipales de mars avait été respectée, M. Muselier aurait dû prendre la tête de Marseille Provence Métropole (MPM). Créée en 2000, MPM rassemble 18 communes et compte 157 conseillers communautaires.
M. Caselli, 61 ans - acclamé par son camp tandis que sur les bancs de la droite les visages affichaient le dépit - a dédié sa victoire à Jean-Noël Guérini, président PS du conseil général des Bouches-du-Rhône et candidat malheureux à la mairie de Marseille.
"La candidature d'Eugène Caselli a rassemblé des femmes et des hommes qui ont transcendé des clivages politiques. Pour moi, c'est une heureuse surprise", a déclaré M. Guérini.
"La gestion par un homme de gauche de la communauté urbaine permettra, sans nul doute, de mieux travailler ensemble au développement nécessaire et équilibré de Marseille, du département (des Bouches-du-Rhône) et de la région", a déclaré ensuite Michel Vauzelle, président socialiste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Passé un moment de stupeur, la droite a vivement réagi. M. Muselier qui avait décidé de sacrifier d'autres fonctions ou ambitions (premier adjoint, portefeuille ministériel) pour se consacrer à MPM, a crié à la "trahison" et au "déni de démocratie".
Selon Jean-Claude Gaudin, le président sortant de MPM qui ne se représentait pas, la gauche se trouve dans "l'incapacité totale d'agir". "Cette situation ne saurait perdurer et le président minoritaire doit en tirer aussitôt toutes les conséquences", a-t-il dit, appelant implicitement M. Caselli à démissionner.
Le nouveau président a "exclu" de démissionner.
A l'UMP, le député Guy Tessier a fait entendre une autre voix: "Il faut penser à l'intérêt de nos concitoyens, on doit pouvoir être en capacité nous aussi de tendre la main. Jean-Claude Gaudin, maître en la matière, saura sûrement le faire", a-t-il dit.
Mais pour Renaud Muselier, "aujourd'hui, certains ont trahi, certains ont menti à leurs électeurs, certains se sont engagés dans un déni de démocratie", a-t-il lancé, ouvrant la voie aux conjectures sur les élus de droite susceptibles d'avoir fait basculer le vote.
Avant le scrutin, la position des conseillers communautaires de Marignane, deuxième ville de MPM, était au centre des interrogations, Eric Le Dissès, le maire élu en mars n'ayant pas caché sa colère d'avoir vu M. Gaudin favoriser l'investiture UMP de son adversaire, l'ex-FN Daniel Simonpieri.
Après la victoire de M. Caselli, M. Le Dissès a déclaré: "J'ai laissé la liberté de vote (ndlr: aux conseillers de Marignane) en ne cachant pas le mien". Il a refusé de dire pour qui il avait voté, précisant avoir eu "des discussions amicales" avec les deux camps.
D'autres élus de petites communes ont pu par ailleurs modifier la donne et exprimer leur mécontentement face au poids jugé trop important de Marseille au sein de MPM, a fait valoir un élu marseillais.

