L'obésité au menu des candidats à la Maison Blanche

WASHINGTON (AFP) — Les équipes des candidats à la Maison Blanche mettent l'obésité à leur menu de campagne, alors que l'épidémie de surpoids aux Etats-Unis progresse et avec elle une inflation des coûts médicaux pour la société américaine.

"Si je suis président, je combattrais l'obésité tous les jours!", a lancé le candidat à l'investiture démocrate, Bill Richardson, invité mardi d'une conférence à Washington sur le thème "Obésité: que ferait le prochain président?".

Deux tiers (66%) des Américains adultes sont en surpoids voire obèses, une condition qui entraîne un surcoût médical avec les maladies chroniques qui accompagnent l'embonpoint (diabète, maladies cardiovasculaires).

"Un individu en surpoids coûte au système de santé 1.000 dollars de plus par an qu'un individu de poids normal", a asséné en guise d'introduction le directeur du Bureau du budget du Congrès américain (CBO), Peter Orszag.

"Prévenir, traiter ou ignorer l'obésité va coûter très cher. C'est le défi sanitaire du prochain président des Etats-Unis", a renchéri Morgan Downey, vice-président de l'organisation à but non lucratif The Obesity Society, à l'initiative de la conférence.

A la tribune, les sherpas des prétendants à la Maison Blanche, démocrates comme républicains, affirment tous prendre la question à coeur: "tous les candidats prennent ce problème très au sérieux", a déclaré Laurie Rubiner, représentant la favorite démocrate Hillary Clinton.

"Ne rien faire n'est pas une option", a ajouté le conseiller du candidat républicain John McCain, Douglas Holtz-Eakin.

Mais rapidement, le traditionnel fossé entre gauche et droite prend le dessus: "il y a une distinction bien claire entre démocrates et républicains", a affirmé le conseiller du républicain Rudy Giuliani, Don Moran.

"Il s'agit de savoir si vous êtes pour davantage d'administration ou bien pour le libre marché", résume-t-il.

Même son de cloche dans l'équipe du républicain Mitt Romney: "l'approche philosophique est différente (...). Nous ne sommes pas preneurs d'ordres de Washington", déclare Lanhee Chen, conseiller en politique intérieure du candidat, qui a travaillé en 2004 pour le ticket Bush-Cheney.

Du côté démocrate, l'obésité est vue comme l'exemple parfait qui plaide en faveur d'une couverture médicale abordable pour tous en Amérique, cheval de bataille des candidats démocrates, alors que 47 millions d'Américains n'ont pas d'assurance santé.

"En ce qui concerne l'obésité, rien ne compte plus que l'accès à une assurance médicale", a affirmé la conseillère d'Hillary Clinton qui vient de dévoiler son plan de couverture santé, une des priorités de sa campagne. Pour celle de Barack Obama, Dora Hughes, l'obésité est même "le symptôme et la conséquence du système de santé".

Au nom de John Edwards, le plus à gauche des candidats démocrates, David Bonior veut quant à lui en découdre avec les compagnies d'assurance santé: "on est fatigué de ces compagnies d'assurance qui dictent la politique de santé du pays", a-t-il lancé.

Débarrasser les cantines scolaires de la mal bouffe, détailler les calories sur les menus des restaurants, exiger des assurances médicales qu'elles remboursent des actions de prévention comme une simple analyse de taux de cholestérol, légiférer contre la discrimination envers les obèses: les recettes des démocrates hérissent le camp républicain.

"Il y a une marge pour des régulations mais cela doit se faire au niveau des Etats" (décentralisé), tempère le conseiller de Mitt Romney.

"On a tendance à vouloir céder à la mode", affirme le représentant de Rudy Giuliani. "Je n'ai vu aucune étude affirmant que l'obésité était causée par de mauvais choix sur les menus de restaurants. Il y a des choses rationnelles à faire et puis il y en a d'autres qui sont idiotes", conclut le camp Giuliani.