PARIS (AFP) — Groggy et humilié après la déculottée subie contre Chelsea, Bordeaux a prouvé samedi, en l'emportant à 9 contre 11 à Grenoble (1-0), qu'à défaut d'un jeu encore bien en place, il pouvait compter sur la force de caractère et le mental en acier de ses joueurs pour rester au contact et tenir la distance en L1.
Certes, le promu grenoblois ne peut nullement être comparé avec le Chelsea d'Abramovitch et ses vedettes achetées à prix d'or. Mais les Girondins étaient tombés tellement bas à Stamford Bridge (défaite 4-0) que leur déplacement au Stade des Alpes pouvait apparaître comme un véritable traquenard face à une équipe invaincue à domicile depuis l'inauguration de sa nouvelle enceinte, le 15 février.
C'est tout le contraire qui s'est produit avec un scénario impensable en seconde période, neuf Bordelais (Diarra et Wendel exclus aux 50 et 53e minute) prenant le dessus sur 11 Grenoblois soudain tétanisés malgré le soutien du public. Un exploit qui n'efface pas totalement la terrible impression d'impuissance laissée à Londres mais qui suffit amplement à relancer les hommes de Laurent Blanc sur la scène nationale.
"On avait manqué d'agressivité à Chelsea et on a mis le point là-dessus à l'entraînement, a expliqué l'entraîneur bordelais. Peut-être un peu trop... Mais même en tant que joueur, je n'ai pas souvenir d'être allé chercher la gagne à neuf contre onze, et il faut dire un grand bravo aux joueurs qui ont montré qu'ils avaient toujours les vertus morales de la saison dernière".
Au lendemain de la pathétique prestation bordelaise à Stamford Bridge en Ligue des champions, les critiques n'avaient pas manqué, fustigeant l'absence d'orgueil des joueurs, leur faiblesse technique, leur incapacité à évoluer au plus haut niveau international et les limites de certaines recrues (Gouffran, Placente), bien trop tendres pour supporter la comparaison avec l'une des meilleures formations de la planète.
Sans retrouver leur niveau de jeu de la saison dernière, les Bordelais ont remis les choses au point et surtout renoué avec "l'état d'esprit et l'envie" (selon les termes de Jussiê, le buteur), deux attributs qui leur avaient permis de tenir la cadence face aux Lyonnais avant d'échouer tout près du but (4 points de retard en fin de saison).
"Même réduit à neuf, on n'a rien lâché, a expliqué Diawara. On sentait que rien ne pouvait nous arriver. Un vent de révolte nous portait."
Ce succès peut-il être un déclic? "Je me souviens que l'an passé, à la même époque, nous étions dans la même situation et nous l'avions emporté chez un promu très péniblement (Metz, ndlr), a déclaré Laurent Blanc. Si le parallèle peut se poursuivre jusqu'à la fin de la saison, je signe tout de suite."
Le mental et le caractère ne pourront toutefois pas masquer longtemps les lacunes constatées dans le jeu bordelais depuis le début de la saison. L'animation offensive reste trop stéréotypée malgré les éclairs du trio Gourcuff-Cavenaghi-Chamakh et la défense, qui a chaviré en Ligue des champions, est trop perméable (7 buts encaissés en 6 matches) pour un prétendant au titre.
Mais l'heure est à la décompression après cette semaine agitée. Laurent Blanc a ainsi décidé d'accorder deux jours de repos à sa troupe, exemptée des 16e de finale de la Coupe de la Ligue et qui ne retrouvera l'entraînement que mardi. Le temps aussi pour l'ancien champion du monde d'analyser à froid le début de saison sinusoïdal de son équipe.
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