Parcours de soins: l'accès direct aux médecins spécialistes recule

PARIS (AFP) — Les patients s'adressent moins directement aux médecins spécialistes depuis la réforme de 2004 de l'assurance maladie, qui a mis en place le "parcours de soins coordonné" organisé autour du médecin traitant, selon une étude de l'Irdes publiée mardi.

"La proportion de consultations en accès direct a diminué entre 2004 et 2006, passant de 32 à 28%", une "baisse générale qui cache d'importantes différences entre spécialités", relève l'Irdes (Institut de recherche et de documentation en économie de la santé).

C'est pour les dermatologues (-33% des consultations en accès direct) et les ORL (-58%) que les effets du parcours de soins ont été les plus notables.

"La baisse est également significative pour la psychiatrie chez les adultes de 26 ans, et plus ainsi que pour la cardiologie et la radiologie où l'accès direct est cependant de plus faible ampleur", note l'Irdes.

Depuis 2006, en application de la réforme de l'assurance maladie de 2004, les patients doivent déclarer "un médecin traitant", chargé de les orienter ensuite si besoin vers d'autres professionnels (dits alors "médecins correspondants").

Le respect de ce parcours permet de bénéficier d'une prise en charge optimale de la part de l'assurance maladie, tandis que le reste à charge est plus élevé pour les patients qui s'adressent directement à un spécialiste (à l'exception des ophtalmologues, des gynécologues et des psychiatres pour les 16-25 ans).

L'Irdes estime que depuis la réforme "les patients demandent plus souvent l'avis du médecin généraliste avant de consulter un spécialiste".

Mais l'institut constate également que des patients ayant un médecin traitant continuent de consulter directement des spécialistes: c'est le cas de 13% des consultations selon l'Irdes, un chiffre "supérieur aux 2% annoncés par l'assurance maladie".

Deux facteurs pourraient expliquer cet écart. Rien n'empêche un patient de dire au spécialiste qu'il le consulte sur les conseils de son médecin traitant, même quand ce n'est pas le cas. Et, côté médecin, "une tendance à surdéclarer leurs patients dans le parcours de soins n'est pas à exclure", ajoute l'Irdes.

Ces données sont issues de l'Enquête Santé Protection Sociale, que l'Irdes mène tous les deux ans auprès d'un échantillon représentatif d'assurés sociaux. En 2006 "environ 8.000 ménages et 22.000 personnes" ont été interrogés.