PARIS (AFP) — Le député PS du Doubs Pierre Moscovici affirme, dans une tribune publiée jeudi par Libération, que les socialistes ne doivent pas s'affirmer "libéraux", car cela risque "de désorienter (leur) électorat".
Revenant sur la querelle sur le libéralisme entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, l'élu strauss-kahnien soutient que "les socialistes doivent démontrer au pays qu'ils sont le parti qui garantit le mieux l'égalité réelle".
"Mais, ajoute-t-il, nous ne saurions le faire en nous affirmant libéraux, au risque de désorienter notre électorat et d'offrir des arguments à ceux qui sont toujours prompts à décrire en nous les sociaux traîtres".
Le député du Doubs, qui aspire à succéder à François Hollande à la tête du PS, rappelle que le libéralisme a, "dans le vocabulaire politique français, un acception bien précise" du fait que "les libéraux français prônent une vision thatchérienne de l'économie".
Selon M. Moscovici, "tous ceux qui attendent une société moins dure, qui espèrent une amélioration de leurs conditions de vie, se détourneraient de nous si, dans nos discours et nos débats, le libéralisme venait à prendre le pas sur la justice sociale et sur l'égalité".
"Si le congrès de Reims (celui du PS, en novembre, ndlr) devait se résumer au choix entre un libéralisme aux contours imprécis et un socialisme dont le contenu serait fixé à l'issue d'une consultations participative, nous n'aurions pas beaucoup avancé dans la conception de l'alternative politique qu'une opposition digne de ce nom se doit d'offrir au pays", ajoute l'ex-ministre des Affaires européennes.
Il se démarque ainsi tant de Bertrand Delanoë que de Ségolène Royal.
Selon M. Moscovici, "tout pousse à voir", dans la réaction très critique de cette dernière à la prise de position du maire de Paris ("je suis socialiste et libéral"), "une simple posture", compte-tenu des positions précédentes de la présidente du Poitou-Charentes.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés. Plus »
