Tempête: deux morts et de nombreux dégats, nouvelle alerte pour l'après-midi

RENNES (AFP) — Plusieurs pays européens dont la France vont être à nouveau frappés mardi et mercredi par des vents violents, alors que la tempête a déjà provoqué deux morts et de nombreux dégats dans le Nord et l'Ouest de la France.

La France pourrait être touchée dès l'après-midi par des pointes de vent de 133 kmh sur les reliefs des régions Haute-Normandie, Picardie, Nord-Pas-de-Calais et des départements des Ardennes et de la Marne alors que la mer pourrait être secouée par des creux de neuf mètres, a averti l'Organisation météorologique mondiale (OMM)..

Le Nord et l'Ouest de la France ont déjà été frappés lundi par une tempête qui a provoqué la mort de deux personnes, et le naufrage, au large de l'île anglo-normande de Guernesey, d'un chalutier dont l'équipage a pu être secouru.

La tempête, qui a également frappé la Grande-Bretagne et la Belgique, a aussi entraîné l'échouage d'un cargo sur une plage de Vendée et des milliers d'interventions, essentiellement pour des inondations et des arbres arrachés.

La vigilance orange pour vents violents a été levée dans la nuit de lundi à mardi après le passage d'une première tempête qui a provoqué la mort d'une femme tuée par la chute d'une branche d'arbre dans l'Eure.

Un homme est mort noyé après avoir été happé lundi par une vague dans le Finistère, où la tempête a provoqué des dégâts "conséquents" sur l'île de Sein, à l'extrême-ouest de la Bretagne, a-t-on appris mardi auprès des autorités.

Le corps de la victime, un père de famille de 42 ans, a été retrouvé dans la soirée par un plongeur. L'homme avait été "happé par une vague" quelques heures plus tôt à Plouhinec, selon la préfecture.

Ce décès porte à deux le nombre de victimes de la tempête, une automobiliste ayant été tuée par la chute d'un arbre dans l'Eure.

Sur l'île de Sein, au large de la pointe du Raz où des rafales de 155 km/h ont été enregistrées lundi, des dégâts "conséquents" ont été constatés mardi matin, notamment sur les digues, a indiqué le maire Alain Le Roy, qui demandera le classement en catastrophe naturelle.

"Des murs de protection des digues ont été littéralement pulvérisés par une mer impressionnante, inhabituelle. D'autres murs de l'île ont été éboulés, fissurés alors que le littoral était laminé, grignoté, rongé", a expliqué M. Le Roy à l'AFP.

L'usine de dessalement de l'eau de mer, submergée par un mètre d'eau de mer, a dû être stoppée.

Un chalutier de 22,8 m, le "Marie Louise Berthe", basé près de Saint-Brieuc, a par ailleurs sombré à quelque 75 km à l'Ouest de Guernesey, en Manche, alors que les conditions météo étaient difficiles, avec des vents soufflant jusqu'à 110 km/h et des creux de 6 à 9 m, selon la préfecture maritime de la Manche.

"On peut imaginer qu'il s'agissait d'une grosse lame ou d'une vague scélérate qui a retourné le bateau", a indiqué l'armateur du bateau, Laurent Suet.

Les cinq marins qui étaient à bord ont pu être secourus par deux chalutiers du même armement qui tentaient de revenir en convoi vers leur port d'attache, Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d'Armor).

Trois étaient en état d'hypothermie et devaient être hélitreuillés dans la nuit vers Brest.

En Vendée, un cargo battant pavillon néerlandais s'est échoué lundi matin sur une plage des Sables-d'Olonne par forte houle. Sept personnes se trouvaient à bord, mais n'ont pas été blessés. L'accident n'a provoqué aucune pollution.

Le déséchouement de l'Artemis sera tenté mardi soir ou sera reporté, en cas d'échec, aux prochaines grandes marées d'avril, a-t-on appris auprès de la préfecture maritime de l'Atlantique à Brest.

Une première opération de déséchouement prévue lundi soir par le remorqueur d'assistance Abeille-Languedoc a dû être abandonnée, faute de météo favorable.

Cette opération est rendue difficile par la faible profondeur des eaux sur cette plage qui oblige l'Abeille-Languedoc, chargé de tracter le navire, à se tenir à distance.

Une quarantaine de mètres de l'estacade du port de Capbreton, jetée en bois emblématique de la ville construite en 1858 sous Napoléon III, ont été emportés par d'importantes vagues alors que des vagues ont atteint jusqu'à 7 à 8 mètres de hauteur dans la nuit de lundi à mardi.

Cette destruction d'une partie de la jetée n'a fait que très peu de dégâts parmi les bateaux, a précisé le maître de port, Gérard Fleury.

Des rafales de vent à 155 km/h ont été enregistrées à la pointe du Raz, selon Météo France, et jusqu'à 177 km sur le pont de Cheviré, près de Nantes. Des vagues de 11,70 m ont été observées sur une bouée au large d'Ouessant.

En Bretagne, Pays-de-la-Loire, Haute et Basse-Normandie, Picardie, Nord-Pas-de-Calais, Ile-de-France, Champagne-Ardennes, Lorraine et Franche-Comté, les secours ont enregistré des milliers d'appels pour des toitures endommagées, des arbres et objets arrachés, notamment des câbles électriques ou de téléphone.

Quelque 60.000 foyers étaient toujours privés d'électricité lundi vers 21H00, principalement en Bretagne, Normandie, Pays de Loire et Centre.

En Bretagne, les liaisons avec les principales îles ont été suspendues et plusieurs ponts momentanément interdits à la circulation.

Dans le Finistère, des commerces ont été inondés à Morlaix tandis que les élèves de trois classes de maternelle du Guilvinec ont dû être évacués, le toit d'une conserverie menaçant de tomber sur l'établissement.

Dans le port de Cherbourg, les amarres d'un navire de la compagnie Irish Ferries ont rompu. Le bateau a dû être remorqué et mis au mouillage dans la grande rade, selon un correspondant de l'AFP.

En Grande-Bretagne, des vents violents, entre 80 et 130 km/h, et de fortes pluies ont provoqué la fermeture du port de Douvres (Sud). Plusieurs milliers d'habitations du Sud-Ouest de l'Angleterre et du Sud du Pays de Galles étaient toujours privées d'électricité dans la soirée.

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