PARIS (AFP) — Vivement contesté à ses débuts comme patron des députés UMP, Jean-François Copé s'est imposé en quelques mois comme l'un des hommes forts de la majorité, en se faisant le porte-voix des récriminations de ses troupes et en affirmant une certaine indépendance vis-à-vis de l'Elysée.
A l'automne, personne ne donnait cher de son avenir à son poste à l'Assemblée. Lui-même semblait afficher un intérêt modéré pour la fonction, encore tout à son amertume d'avoir été un des oubliés du gouvernement.
Son ton, jugé trop cassant, passait mal au groupe UMP et sa décision de travailler à temps partiel dans un grand cabinet d'avocats d'affaires avait été décriée. "Il ne tient pas ses troupes", "il n'est jamais là", lâchaient alors ses -nombreux- détracteurs.
De son propre aveu, M. Copé s'est même retrouvé au "fond du trou" en novembre: "pendant quelques heures, j'ai pensé arrêter".
Faisant finalement contre mauvaise fortune bon coeur, le député-maire de Meaux, 43 ans, a redressé la barre, misant in fine sur son succès "depuis l'extérieur".
Le député UMP Claude Goasguen, qui a pourtant la dent dure, l'assure: "Copé incarne bien le groupe sur sa détermination et ses états d'âme. Il va jusqu'où il peut aller" face au gouvernement.
Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, avec lequel M. Copé s'est rabiboché depuis la promotion du ministre Xavier Bertrand (Travail), son ennemi juré, approuve: "il s'acquitte du poste avec beaucoup d'intelligence et mouille sa chemise".
De fait, si Jean-François Copé prend soin de ne jamais franchir le Rubicon vis-à-vis de Nicolas Sarkozy et veut apparaître comme le pacificateur dans les relations exécutif/majorité, il n'en colle pas moins au plus près de ses troupes et de leurs -fréquents- coups de gueule.
"L'affaire NKM" en a été le plus bel exemple. Il a laissé les députés UMP dire tout le mal qu'ils pensaient de la position de Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie) sur les OGM.
Les accusations de "lâcheté" proférées en retour par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie à son encontre ont été pain bénit. "Moi ça me sert!", s'est réjoui en privé celui que certains considèrent comme Premier ministrable.
"Je ne suis pas dans le processus de coller au maximum au président. Je ne veux pas être nommé, je veux préserver mon propre espace", confie-t-il.
Mais si d'aucuns évoquent un rapprochement -de circonstance ?- entre M. Copé et François Fillon, l'intéressé affirme être au mieux avec le chef de l'Etat.
"Avec Nicolas, nos relations ont retrouvé une sincérité extrême, qu'elles avaient perdue", confie-t-il.
Voire. A l'Elysée, certains jugent qu'il tire trop la couverture à lui. "Sarkozy le surveille de près. Il y encore de la tension entre eux deux, palpable dans les réunions à l'Elysée", selon un responsable UMP.
"Copé est l'un des rares à ne pas se coucher devant Sarkozy. Il lui parle d'égal à égal, n'hésite pas à exprimer son désaccord", renchérit un ténor de la majorité.
Jean-François Copé ne s'en cache pas. Son objectif, c'est l'Elysée en 2017. "J'ai été sympa, j'aurais pu parler de 2012", plaisante-t-il. Dans cette optique, il étoffe peu à peu -et assez discrètement- son club Generation France.fr.
Dans son camp, cette ambition proclamée fait sourire ou agace. "Il est brillant, c'est une belle mécanique intellectuelle, un énorme bosseur, mais l'Elysée, Copé ne l'aura pas parce qu'il n'a pas de vrais amis", affirme un parlementaire francilien qui le connaît bien mais qui, visiblement, s'en méfie.
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