PARIS (AFP) — Nicolas Sarkozy a décidé d'intervenir en personne pour fixer des règles du jeu face à l'acuité des rivalités entre les ministres Roger Karoutchi, Yves Jégo et Valérie Pécresse pour décrocher la tête de liste UMP aux régionales de 2010 en Ile-de-France.
Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, chef de file de l'opposition au conseil régional d'Ile-de-France, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer et la ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur seront reçus tous trois ensemble vendredi matin par le chef de l'Etat, a-t-on appris auprès de leurs entourages respectifs.
Les trois ministres veulent briguer l'investiture de l'UMP lors de primaires prévues début 2009, qui seront "arbitrées" et organisées par Christian Estrosi, secrétaire général adjoint du parti et député-maire de Nice.
Le patron de l'UMP Patrick Devedjian a affirmé mercredi en marge d'un point de presse qu'"il n'y a aucun problème" et qu'"il est tout à fait naturel" de fixer "une règle du jeu" entre candidats "membres du gouvernement". Mais la compétition est vive entre les trois ministres.
Il est vrai que la candidature annoncée courant août de Valérie Pécresse, jeune (41 ans) et femme, diplômée de HEC et énarque, élue députée des Yvelines en 2002, a changé la donne.
Jusque là, Roger Karoutchi, lié depuis longtemps à Nicolas Sarkozy, pensait l'emporter facilement lors des primaires UMP sur Yves Jégo, maire de Montereau (Seine-et-Marne), député jusqu'à son entrée au gouvernement, et contraint à de nombreux déplacements outre-mer.
"Candidat naturel" à la succession de l'actuel président socialiste Jean-Paul Huchon, dont il dénonce l'"immobilisme" depuis des années, l'ancien sénateur des Hauts-de-Seine assure que "la concurrence ne l'inquiète pas" et qu'"avec Valérie", "il n y a pas de crise".
Mais il a affirmé au Figaro que "si on réduit les primaires à un casting ou à des attaques privées, on se met en situation de perdre".
Dans le "combat de sa vie", M. Karoutchi affirme être "le mieux préparé" pour vaincre la gauche, affirmant connaître mieux que personne la région et ses problèmes de transport et de logement notamment, après plus d'un millier de déplacements.
"Je ne regarde pas les transports publics de loin, dans ma voiture avec chauffeur", a-t-il lancé, une semaine après que Mme Pécresse s'est présentée comme "la candidate de la vie quotidienne".
Elle a souligné qu'elle était une "mère de famille avec trois jeunes enfants qui a toujours habité en grande couronne" et qu'elle s'occuperait "exclusivement" de l'Ile-de-France, si elle était élue.
Pendant ce temps, Yves Jégo peaufine les propositions qu'il a faites cet été pour la région, parmi lesquelles des péages urbains et une carte orange mensuelle à 30 euros pour tous les Franciliens.
"Plus déterminé" que jamais, selon son entourage, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer va ouvrir un blog en septembre, publier un livre en novembre et faire campagne à partir de janvier.
M. Karoutchi promet une campagne décoiffante, "jeune", "ouverte à la gauche", s'appuyant sur des outils modernes tels que "chats" et blogs.
Il a signé de sa main 800 courriers pour expliquer pourquoi, après "concertation" avec les autres ministres franciliens, il appellerait à voter fin septembre contre le projet de schéma directeur régional de M. Huchon, si son examen n'est pas reporté.
Valérie Pécresse tiendra quant à elle une première réunion publique le 11 septembre à Velizy (Yvelines).
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