LYON (AFP) — Les joueurs de l'Olympique lyonnais, qui ont remporté samedi soir la Coupe de France face au Paris SG (1-0), une semaine après leur septième titre de rang de champions, ont célébré dimanche après-midi leur premier doublé historique devant un public qui n'était pas au rendez-vous.
Les 1.500 supporteurs, qui peinaient à remplir la place des Terreaux, sous les balcons de l'Hôtel de Ville, qui en peut contenir 10.000, avaient à affronter un temps lourd et pluvieux pour acclamer leurs héros.
Ces derniers, arrivés de la gare en autobus à impériale, s'étaient ensuite serrés sur un podium, muni d'un écran géant inutile et où reposaient les trophées de la Coupe de France et du Championnat.
L'impression de vide était encore accentuée par les rues avoisinantes quasi désertes, qui rendaient l'impressionant dispositif de sécurité plus visible encore.
En 25 minutes à peine, les joueurs de l'effectif lyonnais ont tour à tour reçu la médaille de la ville des mains du sénateur-maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb, leurs noms scandés par le public, très familial et habillé aux couleurs bleu et rouge de l'OL.
"J'ai le coeur qui bat très fort. C'est l'apothéose", explique Nicolas Etienne, la vingtaine, qui regrette de ne pas avoir "touché la Coupe".
"Cela me rappelle de grands souvenirs, quand le club avait gagné la Coupe de France en 1973", se souvient Yves Verney, 78 ans.
A l'applaudimètre, Sidney Govou, auteur du but victorieux samedi, et Grégory Coupet, qui a annoncé son départ de l'OL, ont remporté un vif succès mais l'enthousiasme de la foule retombait vite, malgré les efforts pour le ranimer d'un animateur, servi par une sono assourdissante.
"A Marseille, s'il y avait eu un doublé, la ville aurait brûlé", tonne Jalil, 28 ans, visiblement déçu.
"Le public lyonnais s'est installé dans un certain confort", ajoute son ami Nordine, 28 ans.
De mémoire de Gones, on était loin de l'euphorie de dimanche dernier, qui avait rempli la place de l'Hôtel de Ville, ou de celle manifestée à l'occasion de la victoire en Coupe de la Ligue en 2001 et ou des premiers titres de Championnat en 2002 et 2003.
"J'aurais aimé qu'ils restent plus longtemps pour attirer plus de monde et fêter les titres plus longuement", regrette Sébastien Rodriguez, 29 ans, accompagné de ses deux fillettes.
"Mais on comprend, les joueurs sont attendus à Tignes et dans leur sélection pour préparer l'Euro", tempère Yves Janon, 42 ans.
"Il pleut et c'est la fête des mères, c'est peut-être pour ça", avance Agnès, 41 ans, venue avec ses trois enfants et son mari.
Joueurs et supporteurs ont entonné ensemble le slogan "qui ne saute pas n'est pas Lyonnais" avant de quitter la place des Terreaux aussi rapidement qu'ils étaient venus.
Les Lyonnais ont suivi un peu trop au pied de la lettre le souhait du président Jean-Michel Aulas, qui voulait fêter "dignement" ce "1er doublé du siècle", comme le rappelait une énorme affiche pendue au balcon de la mairie.
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