Réforme portuaire: discussion à l'Assemblée, forte mobilisation dans les ports

MARSEILLE (AFP) — Les terminaux des ports autonomes de Nantes/Saint-Nazaire, du Havre, de Marseille et de Dunkerque-Est sont paralysés mardi par une grève de 48h lancée par la fédération CGT des ports et docks, à l'occasion du début de l'examen de la réforme portuaire par les députés.

La CGT, ultra majoritaire dans le secteur, refuse toujours la concession des terminaux et le transfert des personnels et de l'outillage au privé.

Les agents CGT de la manutention ont reçu le soutien des dockers (manutention privée) qui participaient parallèlement à la journée nationale d'action de la CGT et de la CFDT pour la défense des 35 heures et des retraites.

Face à cette mobilisation, le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi Laurent Wauquiez a réaffirmé qu"il est important de tenir". "Cette réforme, avait été tentée par le précédent gouvernement et le grand tort avait été de lâcher beaucoup trop tôt", a-t-il déclaré sur LCI.

Au Port autonome de Nantes/Saint-Nazaire, des agents ont bloqué les deux accès au terminal bois de Cheviré, près de Nantes, avec des plots en béton et des engins du port, "devant une forte présence policière" selon la CGT. Ils ont aussi barré les accès des terminaux charbon, agroalimentaire, roulier et conteneurs à Montoir-de-Bretagne, ainsi que l'atelier de maintenance du port autonome.

Au Havre, environ 500 agents portuaires, selon la CGT, ont ciblé leur action sur le terminal des car-ferries transmanche, retardant les opérations de déchargement du car-ferry Norman Spirit de la compagnie LD Lines en provenance de Portsmouth (Grande-Bretagne).

"Nous disons non au transfert des salariés vers le privé qui signifierait la mise en oeuvre de la directive européenne sur la libéralisation des services, pourtant repoussée à deux reprises", a affirmé Patrick Deshayes, secrétaire du syndicat CGT du Port autonome du Havre.

A Dunkerque, la grève touche davantage le port Est mais aucun navire n'était en attente en fin de matinée, selon la direction du port qui a enregistré une forte activité lundi.

A Marseille où 68 navires sont en attente de traitement, les agents en sont à leur quatrième journée consécutive de grève et à leur quinzième jour d'arrêt total de travail depuis la mi-avril avec le reste du temps des suppressions de vacations et des cadences ralenties.

Mardi, plusieurs centaines d'agents du port et dockers ont participé à la manifestation régionale pour les 35 heures et les retraites, à l'appel de la CGT et de la CFDT. Dans le défilé, Pascal Galéoté, secrétaire général des agents CGT, a estimé que "l'adoption probable du projet demain (mercredi à l'Assemblée nationale, ndlr) ne devrait rien changer. Nous restons extrêmement déterminés, on n'est pas atteint par le syndrome du renoncement".

Le leader CGT "veut qu'enfin le gouvernement se décide à nous entendre, y compris dans les décrets d'application", a-t-il dit, demandant "une table ronde pour débattre sur le fond". "On peut arriver rapidement à retrouver un climat serein", a-t-il ajouté.

La CGT a prévu de poursuivre la grève à Marseille mercredi. "La pression aujourd'hui existe et elle est efficace", a souligné M. Galéoté.

Pour le secrétaire d'Etat chargé des Transports Dominique Bussereau, ces "grèves larvées" dans les ports français "gênent considérablement (les) entreprises" et ont provoqué une perte de 35% du trafic de conteneurs en mai.

A Marseille, ce trafic a baissé de 40% en mai, selon la direction du port.

"Tout le monde sait bien qu'il faut faire cette réforme et la CGT continue de discuter avec nous", a déclaré lundi M. Bussereau.

Carte