MILAN (AFP) — La nonchalance méditerranéenne de Giorgio Armani a flirté lundi avec les belles Africaines de Roberto Cavalli et les jeux de volumes du britannique Burberry, au troisième jour des défilés milanais de prêt-à-porter pour le printemps-été 2008.
Précieuse nonchalance chez Giorgio Armani où les belles fluidifient l'atmosphère en se glissant dans le vêtement phare de la collection, le short long et bouffant de satin qui se plisse élégamment au genou avant de se nouer sur le côté.
Les blouses soyeuses, elles aussi gris perle, mastic ou bleues, se portent longues et se laissent recouvrir d'une petit veste courte aux allures de boléro. Les cheveux, lâchés et sauvages, sont domptés par un foulard en filet orné de brillants.
Ce même foulard que Giorgio Armani, 73 ans, noue aussi façon gitane pour une femme qui s'inspire de la Reine de Sabaa : des chaussures plates - tongs précieuses ou fines spartiates - accompagnent de longues robes en voile qui parfois se nouent aux chevilles pour jouer les sarouels sophistiqués.
Le soir, les robes se font bustier et les décolletés plongent jusqu'au nombril, tandis que de légères étoles frangées se jettent négligemment sur les épaules et ondulent au rythme d'une démarche volontairement langoureuse.
Les couleurs explosent chez Just Cavalli, la ligne "jeunes" du styliste toscan Roberto Cavalli qui signe une collection inspirée par ses voyages sur le continent africain.
Les traditionnels boubous et djellabas sont découpés dans des imprimés au ton chaud et se portent près du corps, jouant parfois dans les épaisseurs. Le décolleté carré d'une robe chamarrée de couleurs primaires se couvre de petites perles à la façon d'un bijou massaï.
Le maillot de bain n'est pas en reste et s'amuse en se découpant en lanières fushia et noires le long du ventre, ou bien, sur le chemin de la plage, se porte avec un lourd perfecto de cuir aux patches de couleurs.
Mélange de matières soyeuses pour la maison Gianfranco Ferré qui présentait sa première collection femme depuis la disparition de son styliste fondateur en juin dernier à 62 ans.
Les pantalons de soie ou de satin, larges et longs à volonté, enveloppent la jambe dans un tourbillon crème ou gris et se portent avec une petite veste en cannage de cuir camel ou un blouson zippé tout en transparence. La femme Ferré ose même la combinaison aubergine dont la fermeture éclair descend à volonté le long du décolleté.
Pour sortir, les robes se font longues et vaporeuses, mélangent subtilement les tons et les matières mates et brillantes. Une robe-bijou, tout en or lamé et brillants, offre un corset en métal rigide retenu dans le dos par deux sangles en satin.
Chez Trussardi, l'atmosphère est coloniale et les mannequins, vêtues de pantalons bouffants et de vestes trench dans des couleurs safari, défilent avec des lévriers (l'emblème de la maison) parfois un peu difficiles à tenir en laisse.
La griffe britannique Burberry, grande habituée des passerelles milanaises, mise tout sur le volume et les jeux d'épaisseurs avec une collection uniquement faite de plissés, volants et ajouts travaillés de matières, qui raffinent la silhouette sans jamais l'apesantir.
Les jupes et les robes très moulantes, grises, bleues ou sable, sont gauffrées et se portent avec un trench volontairement trop large à la taille, et dont les surplus de tissus sont élégamment plissés par une ceinture.
Mardi, au quatrième jour des défilés, Prada, Bottega Veneta, Missoni, Moschino et Etro présenteront notamment leurs collections.
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